par Content Manager | 8 Juin 2026 | compétences, Formation Entreprise, Management & Leadership, Non classé, Ressources Humaines
À quelle vitesse les compétences de vos équipes évoluent-elles ? À quelle vitesse votre organisation est-elle capable de les faire évoluer ?
La question n’est plus théorique. Selon le Future of Jobs Report 2025 du World Economic Forum, les employeurs anticipent que 39 % des compétences clés des collaborateurs évolueront d’ici 2030. Ce chiffre ne signifie pas que toutes les compétences actuelles vont disparaître. Il rappelle surtout une réalité plus exigeante : les métiers changent plus vite que les dispositifs de formation traditionnels.
En Suisse, les entreprises ne partent pourtant pas de zéro. La culture de la formation continue existe déjà : selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), 44,8 % de la population de 25 à 74 ans a suivi une formation continue en 2021. L’enjeu n’est donc pas seulement d’inciter les collaborateurs à apprendre. Il est de mieux relier les efforts de formation aux besoins réels des métiers, des équipes et de la stratégie d’entreprise.
Autrement dit : le problème n’est pas toujours de former davantage. C’est souvent de former plus juste.
Cet article présente cinq stratégies complémentaires : upskilling, reskilling, cross-skilling, reverse mentoring, le modèle 70-20-10 et la manière de les choisir selon les situations.
À retenir
- L’upskilling permet de renforcer les compétences dans un rôle existant.
- Le reskilling prépare un collaborateur à exercer un nouveau métier ou une nouvelle fonction.
- Le cross-skilling développe la polyvalence et la compréhension transversale de l’entreprise.
- Le reverse mentoring facilite la transmission intergénérationnelle, notamment sur les usages numériques.
- Le modèle 70-20-10 rappelle que l’apprentissage ne se limite pas aux formations formelles : il se construit aussi dans le travail quotidien, les échanges entre pairs et les projets concrets.
Former plus ne suffit plus : il faut choisir la bonne stratégie
Pendant longtemps, la formation en entreprise a surtout été pensée comme une réponse ponctuelle : un besoin identifié, une formation planifiée, une compétence supposée acquise.
Ce modèle montre aujourd’hui ses limites. Les compétences deviennent plus dynamiques, plus hybrides, plus rapidement obsolètes. Une équipe peut avoir besoin d’approfondir son expertise actuelle, de se repositionner vers de nouveaux rôles, de mieux collaborer entre fonctions ou encore de transmettre des pratiques entre générations.
Ces situations ne relèvent pas de la même réponse. C’est pourquoi une politique efficace de développement des compétences doit commencer par une question simple : Quel problème cherchons-nous réellement à résoudre ?
Quelle stratégie choisir selon votre situation ?
| Situation observée dans l’entreprise |
Stratégie prioritaire |
| Les outils, méthodes ou exigences du métier évoluent, mais le rôle reste le même |
Upskilling |
| Un poste est transformé en profondeur ou risque d’évoluer significativement |
Reskilling |
| Une équipe manque de flexibilité ou dépend trop de quelques personnes clés |
Cross-skilling |
| Les écarts numériques ou culturels entre générations freinent la collaboration |
Reverse mentoring |
| Les collaborateurs apprennent déjà sur le terrain, mais sans cadre ni reconnaissance |
Modèle 70-20-10 |
Cette grille évite une erreur fréquente : traiter tous les besoins de compétences avec le même format de formation. Un atelier ponctuel peut suffire pour une montée en compétence ciblée. Il sera insuffisant pour accompagner une reconversion interne. À l’inverse, un programme structuré de reskilling n’est pas toujours nécessaire lorsqu’un collaborateur a surtout besoin d’élargir son périmètre ou de pratiquer davantage en situation réelle.
1. Upskilling : renforcer les compétences dans le métier actuel
L’upskilling consiste à développer de nouvelles compétences pour rester performant dans son rôle actuel. Le collaborateur ne change pas de métier. En revanche, son métier évolue : nouveaux outils, nouvelles attentes, nouveaux standards, nouveaux usages numériques.
L’upskilling est souvent la stratégie la plus rapide à activer. Elle permet d’éviter le décrochage progressif entre les compétences disponibles et les exigences réelles du poste. Mais elle ne doit pas être réduite à une logique d’outils : former une équipe à un nouveau logiciel ne suffit pas toujours. Il faut aussi travailler les usages, les réflexes et la capacité à intégrer ces nouvelles pratiques dans le quotidien.
2. Reskilling : préparer un collaborateur à un nouveau rôle
Le reskilling est une démarche plus profonde. Il s’agit de former un collaborateur pour lui permettre d’exercer un autre rôle, souvent parce que son poste actuel se transforme fortement. Ce n’est pas une reconversion subie, c’est un investissement dans la continuité.
Dans un marché du travail tendu, notamment pour certains profils qualifiés, le reskilling peut être plus pertinent qu’un recrutement externe. L’entreprise conserve l’expérience, la connaissance de la culture interne et l’engagement d’un collaborateur déjà intégré.
Le reskilling demande plus qu’une formation courte. Il nécessite un parcours structuré : diagnostic des compétences existantes, objectifs clairs, accompagnement managérial, temps d’expérimentation et reconnaissance du nouveau rôle. C’est aussi un signal fort envoyé aux équipes : l’entreprise investit dans leur évolution.
3. Cross-skilling : développer la polyvalence sans diluer les expertises
Le cross-skilling consiste à développer des compétences en dehors du rôle principal d’un collaborateur. L’objectif n’est pas de transformer tout le monde en généraliste, mais de créer plus de souplesse, de compréhension mutuelle et de capacité d’entraide entre fonctions.
Dans les PME et les organisations à taille humaine, cette réalité existe souvent déjà de manière informelle. Le risque, lorsque ces apprentissages restent invisibles, est double : l’entreprise dépend de compétences non documentées, et les collaborateurs ne voient pas leur polyvalence reconnue. Le cross-skilling améliore la collaboration, réduit les silos et renforce l’employabilité, À condition d’être cadré pour éviter toute surcharge ou confusion des responsabilités.
4. Reverse mentoring : organiser la transmission dans les deux sens
Dans le mentoring classique, un collaborateur expérimenté accompagne un profil plus junior. Le reverse mentoring inverse cette logique : un collaborateur plus jeune ou plus à l’aise avec certains usages (souvent numériques) partage ses compétences avec un profil senior ou dirigeant. En retour, le senior transmet son expérience, sa connaissance de l’organisation, ses réflexes stratégiques et sa lecture des enjeux métier.
L’intérêt n’est donc pas seulement technique. Il est aussi culturel. Une étude menée par l’Institut CSA montre que les relations intergénérationnelles sont largement perçues comme une source d’échanges et de connaissances pour 87 % des actifs interrogés, toutes générations confondues. Les jeunes actifs ne se contentent pas de recevoir passivement : 90 % d’entre eux sont en demande active de transmission lorsqu’elle ne leur est pas spontanément offerte.
Pour fonctionner, le reverse mentoring doit éviter deux pièges : réduire les jeunes collaborateurs à des « experts du digital », ou mettre les seniors dans une posture d’apprenants passifs. Le dispositif fonctionne lorsqu’il est réellement réciproque.
5. Le modèle 70-20-10 : apprendre là où le travail se passe
Le modèle 70-20-10 est un cadre de référence en développement des compétences, issu des recherches de Morgan McCall, Michael Lombardo et Robert Eichinger au Center for Creative Leadership dans les années 1980. Il suggère que les collaborateurs développent leurs compétences principalement par les missions concrètes et les responsabilités nouvelles (70 %), par les échanges avec les pairs, les managers ou les mentors (20 %), et par la formation formelle: cours, ateliers, e-learning (10 %).
Il faut toutefois l’utiliser avec nuance : le 70-20-10 n’est pas une formule mathématique universelle, mais un cadre de conception. Son intérêt reste majeur : il oblige les organisations à sortir d’une vision trop étroite de la formation. Former, ce n’est pas seulement inscrire un collaborateur à un module. C’est aussi lui confier une mission qui développe une compétence cible, organiser un binôme avec un collègue expérimenté, prévoir un retour d’expérience après un projet, ou créer une communauté de pratique interne.
Ce que ces cinq approches ont en commun
Ces stratégies ne sont pas concurrentes, elles se complètent. Une entreprise qui mise uniquement sur des formations formelles risque de passer à côté de l’apprentissage réel. Une entreprise qui compte uniquement sur l’apprentissage informel risque de laisser les compétences se développer de manière inégale et invisible.
Une politique efficace de développement des compétences combine plusieurs leviers : des parcours structurés pour les rôles critiques, des formations ciblées, des situations de travail apprenantes, des échanges entre pairs, de la transmission intergénérationnelle et des indicateurs de progression.
La compétence n’est pas un stock que l’on constitue une fois pour toutes. C’est un capital vivant, qui doit être entretenu, actualisé et partagé.
Comment mesurer l’efficacité d’une stratégie de développement des compétences ?
Beaucoup d’entreprises mesurent encore ce qui est facile à suivre : nombre de participants, taux de complétion, satisfaction à chaud. Ces indicateurs sont utiles, mais insuffisants. Pour savoir si une stratégie fonctionne, il faut combiner quatre niveaux de mesure.
1. L’acquisition
Le collaborateur a-t-il réellement acquis la compétence visée ? Indicateurs possibles : évaluation avant/après, test pratique, certification, autoévaluation croisée avec le manager.
2. L’usage
La compétence est-elle utilisée dans le travail réel ? Indicateurs possibles : observation en situation, fréquence d’utilisation d’un nouvel outil, qualité des livrables, autonomie sur une nouvelle tâche.
3. L’impact opérationnel
Le développement des compétences améliore-t-il la performance de l’équipe ? Indicateurs possibles : réduction du temps de traitement, diminution des erreurs, meilleure satisfaction client, accélération des projets.
4. L’impact RH
La stratégie renforce-t-elle l’engagement et l’employabilité ? Indicateurs possibles : mobilité interne, rétention des talents, engagement collaborateur, perception des opportunités d’évolution.
L’essentiel est de définir ces indicateurs avant le déploiement, pas après.
Par où commencer ?
Il n’est pas nécessaire de lancer immédiatement un grand programme de transformation des compétences. Trois questions permettent de prioriser.
Quels rôles vont évoluer fortement dans les 18 prochains mois ? Ces rôles sont les premiers candidats à l’upskilling ou au reskilling. Il peut s’agir de fonctions exposées à de nouvelles exigences réglementaires, à des changements d’outils ou à une transformation du modèle d’affaires.
Quels apprentissages existent déjà, mais restent informels ? Dans beaucoup d’équipes, les collaborateurs apprennent déjà les uns des autres. Le premier levier consiste souvent à rendre ces apprentissages visibles, puis à leur donner un cadre.
Où les écarts de compétences créent-ils des tensions ? Ces écarts peuvent être numériques, générationnels, managériaux ou organisationnels. Bien identifiés, ils peuvent devenir des opportunités de transmission.
Conclusion : la formation continue doit devenir un outil stratégique
Les entreprises suisses disposent d’un environnement favorable à la formation continue. Mais l’accès à la formation ne garantit pas, à lui seul, le développement des bonnes compétences au bon moment. Le véritable enjeu est l’alignement : entre les compétences développées et les priorités stratégiques, entre les besoins des métiers et les dispositifs proposés, entre apprentissage formel, expérience terrain et transmission interne.
Upskilling, reskilling, cross-skilling, reverse mentoring et modèle 70-20-10 ne sont pas des mots à la mode. Ce sont des leviers complémentaires pour construire une organisation capable d’apprendre plus vite qu’elle ne se transforme.
La vraie question n’est donc pas : « Combien de formations avons-nous proposées cette année ? »
C’est : Nos collaborateurs développent-ils aujourd’hui les compétences dont notre organisation aura réellement besoin demain ?
Vous souhaitez structurer votre stratégie de formation continue ?
Commencez par identifier les rôles critiques, les compétences à risque et les apprentissages déjà présents dans vos équipes. Un diagnostic ciblé permet souvent de transformer un plan de formation dispersé en véritable stratégie de développement des compétences.
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FAQ
Quelle est la différence entre upskilling, reskilling et cross-skilling ?
L’upskilling consiste à renforcer les compétences dans le métier actuel. Le reskilling prépare un collaborateur à exercer un nouveau rôle. Le cross-skilling développe des compétences complémentaires en dehors du rôle principal afin d’améliorer la polyvalence et la collaboration.
Qu’est-ce que le reverse mentoring en entreprise ?
Le reverse mentoring est un dispositif dans lequel un collaborateur plus jeune ou plus à l’aise avec certains usages partage ses compétences avec un profil senior. En retour, le senior transmet son expérience, sa connaissance de l’organisation et sa vision stratégique.
Le modèle 70-20-10 est-il encore pertinent ?
Oui, à condition de ne pas l’utiliser comme une formule rigide. Le modèle 70-20-10 est surtout utile pour rappeler que l’apprentissage professionnel ne se limite pas aux formations formelles. Il doit aussi s’appuyer sur l’expérience de travail, les projets, les échanges entre pairs et le feedback.
Ces stratégies sont-elles accessibles aux PME ?
Oui. Une PME peut commencer simplement : un binôme de reverse mentoring, une communauté de pratique, un parcours court d’upskilling. La taille de l’entreprise n’est pas le principal facteur limitant — la clarté de l’intention l’est davantage.
Comment mesurer l’efficacité d’un programme de développement des compétences ?
Il faut combiner des indicateurs d’acquisition, d’usage, d’impact opérationnel et d’impact RH : progression avant/après, utilisation réelle des compétences, mobilité interne, réduction des erreurs, satisfaction des managers et engagement des collaborateurs.
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par Frédéric Bry | 5 Fév 2026 | Apprendre, Blog, communication, Formation, Formation Entreprise, management, Manager, Non classé, Ressources Humaines
Quelles sont les nouvelles tendances formations professionnelles en 2026? Pour se former efficacement, il faut tenir compte de 3 évolutions importantes dans le monde du travail.
- L’intelligence artificielle transforme l’apprentissage avec des parcours ultra-personnalisés qui s’adaptent en temps réel au niveau et aux besoins de chaque apprenant.
- Les soft skills deviennent prioritaires. Face à l’automatisation, les compétences humaines comme l’intelligence émotionnelle, la résilience et l’adaptabilité sont désormais aussi cruciales que les compétences techniques.
- Les formats hybrides se généralisent, combinant présentiel, distanciel et micro-learning pour s’adapter aux contraintes opérationnelles des entreprises.
La formation en entreprise en Suisse devient donc un investissement stratégique dont l’impact doit être mesurable, intégrant systématiquement les enjeux de RSE et de transition écologique, tout en privilégiant une approche basée sur les compétences concrètes plutôt que sur les diplômes.
Formation Gestion de projets ou comment piloter un projet sans sortie de route.
Chef de projet, un métier qui s’improvise ? Pas vraiment. Entre les délais qui se resserrent, les budgets qui fondent et les imprévus qui surgissent, piloter un projet relève parfois de l’acrobatie. Cette formation décode toutes les phases du projet : initiation, planification, exécution, contrôle, clôture. Mais surtout, elle donne les outils concrets pour ne pas se noyer dans la complexité.
Comment définir un périmètre réaliste ? Gérer les ressources sans se disperser ? Anticiper les risques avant qu’ils ne deviennent des catastrophes ? Au-delà des méthodologies, la formation aborde aussi l’humain : constituer une équipe performante, gérer les attentes des parties prenantes, et communiquer efficacement avec les sponsors. Des simulations sans les conséquences d’un vrai échec.
Pour qui ? Tout professionnel amené à piloter des projets, qu’il soit novice ou expérimenté cherchant à structurer sa pratique.
Team Building : quand l’équipe devient plus forte que la somme de ses talents.
Fini les teams buildings artificiels et les activités sans lendemain. Cette formation va au cœur du sujet : comment transformer un groupe d’individus en une équipe soudée autour d’une vision commune ?
A travers des ateliers immersifs, les participants découvrent leurs valeurs partagées, alignent leurs ambitions personnelles avec les objectifs collectifs et construisent cette culture collaborative tant recherchée. Le résultat ? Une communication fluidifiée, une confiance mutuelle renforcée, et surtout, des collaborateurs qui ne viennent plus simplement « faire leur job » mais qui s’engagent vraiment.
Idéal pour : les équipes nouvellement constituées, en pleine restructuration, ou qui sentent que « quelque chose manque » dans leur dynamique.
Communication difficile : transformer les tensions en dialogues constructifs.
« Il faut qu’on parle. » Quatre mots qui glacent le sang et font monter le stress. Recadrer un collaborateur, annoncer une mauvaise nouvelle, gérer un conflit ouvert… Personne n’aime ces moments mais tout le monde les vit.
Cette formation donne les clés pour aborder ces conversations redoutées avec plus de sérénité. Pas de recette magique, mais des techniques éprouvées : préparer son intervention, maîtriser ses émotions, pratiquer l’écoute active et utiliser la communication non-violente. Le gros plus ? Des mises en situation réalistes où l’on peut tester, se tromper, ajuster, sans risquer de ruiner une relation professionnelle. On apprend à dire ce qui doit être dit, tout en préservant la relation. Parce qu’en entreprise, on se recroise toujours.
Le déclic : comprendre que les conversations difficiles ne sont pas des échecs mais des opportunités de clarification et de progression.
Développement personnel : investir en soi pour performer durablement.
Et si le meilleur levier de votre performance professionnelle… c’était vous ? Cette formation part d’une conviction simple : on ne peut pas exceller dans son métier si on ne se connaît pas soi-même.
Le parcours explore plusieurs dimensions : découvrir ses vraies valeurs, identifier ses talents cachés, gérer son temps sans s’épuiser, et cultiver ce fameux « mindset de croissance » qui fait la différence. Pas de recettes toutes faites mais des outils concrets pour aligner ce qu’on fait avec ce qu’on est. Au programme : techniques de résilience pour rebondir après un échec, stratégies anti-procrastination, méthodes pour sortir de sa zone de confort (sans violence), et surtout, un regard lucide mais bienveillant sur soi-même.
Parce qu’un professionnel épanoui est un professionnel performant.
Gagner en confiance : oser prendre sa place
Le syndrome de l’imposteur vous dit quelque chose ? Cette petite voix qui murmure « tu n’es pas légitime », « ils vont découvrir que tu ne sais pas », « tu as eu de la chance, c’est tout ». Elle paralyse, elle freine, elle empêche de saisir des opportunités.
Cette formation s’attaque frontalement au manque de confiance. Pas avec des affirmations positives creuses mais en déconstruisant les mécanismes qui le nourrissent : d’où viennent ces croyances limitantes ? Pourquoi minimise-t-on systématiquement ses réussites ? Comment transformer l’échec en apprentissage plutôt qu’en confirmation de ses « incapacités » ?

À travers des exercices progressifs, on apprend à oser : exprimer son désaccord en réunion, défendre une idée face à la hiérarchie, accepter les compliments sans les dévier. Le tout dans un cadre bienveillant où chacun avance à son rythme. Le résultat ? Une confiance authentique, pas arrogante qui permet enfin de prendre sa place sans s’excuser d’exister.
L’objectif : arrêter de subir sa carrière et devenir acteur de son évolution.
Leadership : l’art d’inspirer plus que de diriger
On ne naît pas leader, on le devient. Et surtout, le leadership d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec le chef autoritaire qui donne des ordres du haut de sa tour d’ivoire. Cette formation explore le leadership moderne : celui qui inspire, mobilise, délègue intelligemment et crée les conditions de la réussite collective.
Au programme de cette formation management Suisse romande : découvrir les différents styles de leadership (parce qu’il n’y a pas qu’une seule façon de faire), apprendre à adapter sa posture selon les situations et les profils et développer cette présence qui fait qu’on vous écoute vraiment. Vision stratégique, exemplarité, prise de décision dans l’incertitude, intelligence collective… La formation aborde toutes ces dimensions avec un fil rouge : comment développer un leadership authentique qui vous ressemble ?
Le vrai plus ? Des feedbacks personnalisés pour identifier votre style naturel et le renforcer plutôt que d’essayer de copier un modèle qui ne vous correspond pas.
Conduite du changement : faire bouger les lignes sans tout casser.
Réorganisation, digitalisation, fusion, nouveau système… Le changement est partout. Et avec lui, son cortège de résistances, d’inquiétudes et de « on a toujours fait comme ça ». Cette formation donne les clés pour piloter une transformation sans laisser la moitié de l’équipe sur le carreau. De l’état des lieux à la célébration des premières victoires, en passant par la gestion des résistances et la communication de crise, tout le cycle du changement est décrypté.
Le cœur de la formation ? L’humain. Parce qu’un changement, aussi bien pensé soit-il sur le papier, échoue toujours si les personnes ne suivent pas. On apprend à identifier les alliés, comprendre les détracteurs, accompagner les inquiétudes et surtout maintenir l’élan dans la durée.
Les outils : méthodologies éprouvées (Kotter, ADKAR) appliquées à des cas réels, pour savoir réagir face aux situations concrètes du terrain.
Prise de parole en public : du trac au plaisir de convaincre.
Mains moites, gorge serrée, blanc total… La prise de parole en public terrorise même les plus expérimentés. Et pourtant, elle est incontournable : présentation à un client, pitch devant des investisseurs, intervention en conférence.
Cette formation transforme cette épreuve en atout. On y apprend tout : structurer un discours qui marque les esprits, gérer son stress (spoiler : il ne disparaît jamais complètement, mais on apprivoise), maîtriser sa voix et son langage corporel, et surtout, capter l’attention dès les premières secondes. Le secret ? Le storytelling. Raconter des histoires plutôt qu’aligner des faits. Créer de l’émotion plutôt que réciter des slides. Et s’entraîner encore et encore dans un cadre bienveillant où le droit à l’erreur est total.

La progression : on commence par de courtes interventions de 2 minutes et on termine par des présentations complètes, y compris face à un public « difficile » simulé.
Résultat garanti : vous ne verrez plus jamais un micro de la même façon.
Efficacité commerciale : vendre sans vendre son âme.
La vente a mauvaise réputation. Entre les techniques agressives et les closing forcés, beaucoup de commerciaux se sentent mal à l’aise. Et si on pouvait vendre autrement ?
Cette formation propose une approche commerciale basée sur la création de valeur, pas la manipulation. L’idée ? Comprendre vraiment les besoins du client (pas juste placer son produit), construire une relation de confiance (pas juste encaisser un chèque) et créer des solutions sur-mesure (pas réciter un argumentaire). De la prospection intelligente au closing naturel, en passant par le traitement des objections sans pression, toutes les étapes du cycle de vente sont couvertes. Avec un fil rouge : comment être performant commercialement tout en restant éthique ?
Le format : beaucoup de jeux de rôles, des situations réelles et des feedbacks personnalisés pour affiner sa technique. Parce qu’en vente, la théorie ne suffit pas. C’est sur le terrain qu’on progresse.
Négociation : l’art du gagnant-gagnant (non ce n’est pas un mythe).
Négocier, ce n’est pas écraser l’autre pour obtenir le maximum. C’est créer de la valeur pour tous. Facile à dire, moins évident à faire quand la pression monte et que les intérêts divergent.
Cette formation déconstruit les idées reçues sur la négociation. On y apprend à préparer (90% du succès se joue avant d’entrer dans la salle), à identifier la fameuse ZOPA (zone d’accord possible) et à gérer les rapports de force sans tomber dans l’affrontement. Mais au-delà des techniques, la formation explore la psychologie de la négociation : qu’est-ce qui motive vraiment mon interlocuteur ? Comment gérer mes émotions quand ça coince ? Comment détecter (et contrer) les tactiques de manipulation tout en restant intègre ?
Négociation salariale, commerciale, contractuelle ou gestion de conflit : les principes s’adaptent à tous les contextes. Et les simulations permettent de tester différentes stratégies sans risque réel.
📌 Pour aller plus loin, une formation Swissnova permet d’explorer ces leviers en profondeur, en professionnalisant la posture de formateur interne.
par Content Manager | 8 Sep 2025 | Formation, Formation Entreprise, Management & Organisation, Non classé, Ressources Humaines
Près de 40 % des entreprises suisses reconnaissent ne pas avoir de stratégie claire pour préserver leurs savoirs critiques (OFS, 2023). Tandis que les départs à la retraite s’intensifient et que les métiers évoluent rapidement, structurer le transfert de compétences ne peut plus être laissé au hasard. Or, cet enjeu exige bien plus que du bon sens : il convoque des compétences spécifiques en communication, pédagogie, animation de groupe et évaluation – encore trop peu mobilisées dans les organisations.
Communiquer pour transmettre : fondement du transfert de compétences
Transmettre un savoir ne revient pas simplement à « expliquer clairement ». Cela implique de comprendre comment circule l’information, comment elle est reçue, interprétée, intégrée – ou rejetée. La communication est au cœur de la relation pédagogique. Elle structure les échanges, clarifie les attentes et permet de réguler les malentendus.
Selon les travaux de l’Université de Genève, les freins à la communication — qu’ils soient cognitifs, émotionnels ou contextuels — impactent directement l’apprentissage. En contexte de formation, cela signifie que la qualité de l’écoute, la capacité de reformulation et la clarté des messages sont décisives pour un transfert de compétences durable.
Pourquoi c’est important ?
Une mauvaise communication en formation génère frustration, perte d’attention et décrochage. À l’inverse, une relation pédagogique bien construite augmente significativement la rétention des savoirs et l’engagement des apprenants.
Le groupe : facteur d’apprentissage ou facteur de blocage ?
La formation en entreprise se déroule rarement en tête-à-tête. Elle implique des groupes : équipes projet, promotions internes, nouveaux arrivants. Le groupe est à la fois contexte d’apprentissage et acteur de la dynamique pédagogique dans la transmission des compétences.
Les recherches en psychologie sociale et en pédagogie (Piaget, Vygotski, Kolb) ont montré que les groupes peuvent renforcer l’ancrage des savoirs par les interactions entre pairs, le partage d’expériences et la confrontation bienveillante. Mais cela suppose une animation rigoureuse : gestion du rythme, prise en compte des personnalités, régulation des tensions, valorisation de chaque membre.
Quel impact en entreprise ?
Un groupe bien animé stimule l’intelligence collective et crée un climat de confiance propice à l’appropriation des savoirs. À l’inverse, un groupe mal géré peut inhiber la parole, créer de la résistance ou saboter l’apprentissage.
L’apprenant adulte : autonome mais pas autodidacte
Contrairement aux enfants, les adultes ne reçoivent pas un savoir comme une autorité extérieure : ils doivent le comprendre, l’intégrer, et surtout y voir un sens. C’est le fondement de l’andragogie, approche pédagogique développée dans les années 1970 par Malcolm Knowles, et largement enseignée aujourd’hui en Suisse..
Les adultes apprennent mieux lorsqu’ils :
- comprennent la finalité de ce qu’ils apprennent,
- peuvent relier le contenu à leur vécu professionnel,
- disposent d’un cadre qui respecte leurs rythmes cognitifs et émotionnels.
Pourquoi structurer cette approche ?
Parce qu’un apprenant adulte peut résister au changement, douter de sa légitimité ou se sentir fragilisé. Concevoir des formations qui prennent en compte ces réalités permet de sécuriser le parcours, faciliter la transmission des compétences et de maximiser la motivation à apprendre.
Apprendre activement : des méthodes qui mobilisent
Le formateur d’aujourd’hui doit jongler entre plusieurs modalités : cours magistral, mise en situation, jeu de rôle, étude de cas, auto-évaluation, etc. Chaque méthode répond à un besoin pédagogique différent. Les méthodes actives, comme le cycle de Kolb (expérimenter, observer, conceptualiser, réessayer), sont particulièrement efficaces pour transformer un savoir théorique en compétence mobilisable sur le terrain.
Quel bénéfice pour l’entreprise ?
Un collaborateur formé par des méthodes actives retient davantage, applique plus vite, et s’adapte plus efficacement à des environnements complexes. Cela rend la formation plus rentable, en termes d’investissement RH.
Évaluer pour ajuster, ancrer et transférer
L’évaluation est trop souvent réduite à un questionnaire de satisfaction ou à un quiz de fin de session. Pourtant, en pédagogie des adultes, il s’agit aussi d’évaluer :
- la compréhension réelle du contenu,
- la capacité à l’appliquer en contexte,
- la dynamique de groupe et son impact sur l’apprentissage,
- l’évolution des pratiques professionnelles sur la durée.
Pourquoi aller au-delà du contrôle des acquis ?
Parce que l’évaluation est un outil d’apprentissage en soi. Elle permet de réguler en temps réel, de valoriser les progrès, d’identifier les freins, et surtout de valider le transfert des compétences vers l’activité quotidienne (OECD, 2024).
Faire du savoir un levier d’avenir
Le transfert de compétences n’est pas une action ponctuelle. C’est un processus systémique, ancré dans la qualité de la communication, la gestion des groupes, la compréhension fine des mécanismes d’apprentissage et une évaluation structurée. Maîtriser ces leviers, c’est transformer le savoir individuel en intelligence collective durable.
📌 Pour aller plus loin, une formation Swissnova permet d’explorer ces leviers en profondeur, en professionnalisant la posture de formateur interne.
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par Content Manager | 2 Sep 2025 | Formation Entreprise, Management & Leadership, Non classé, Ressources Humaines
Le dialogue intergénérationnel en entreprise devient un enjeu de transformation culturelle. Flexibles mais exigeants, les jeunes actifs bousculent les codes managériaux traditionnels. Les responsables RH doivent-ils y voir une contrainte ou une opportunité ?
Une tension intergénérationnelle réelle mais féconde
Des attentes profondément divergentes
Le dialogue entre générations en entreprise n’a jamais été aussi mis à l’épreuve. D’un côté, les générations X et Baby Boomers, encore bien représentées dans les postes de direction en Suisse, valorisent la loyauté, la stabilité et des carrières linéaires. De l’autre, les générations Y (nées entre 1980 et 1995) et Z (nées après 1995) arrivent avec des attentes inédites. Elles recherchent du sens, une reconnaissance rapide, une flexibilité accrue et un rapport plus horizontal à l’autorité.
Selon le rapport Global Gen Z and Millennial Survey de Deloitte (2023), 74 % des moins de 35 ans en Suisse placent la qualité de vie au travail avant le salaire. Ce chiffre contraste fortement avec la génération X, pour qui la sécurité de l’emploi et la progression hiérarchique restent prioritaires. Le fossé n’est pas uniquement comportemental : il traduit une transformation du contrat psychologique entre l’individu et l’organisation.
Plutôt que de s’en tenir à des jugements comportementaux tels que « Ils ne veulent plus s’engager » ou « Ils ne comprennent pas le monde actuel », il est essentiel d’explorer les fondements de cette évolution. Les jeunes générations ont été façonnées par des crises répétées : économiques, climatiques et sanitaires. Elles ont intégré l’idée que la stabilité n’était plus garantie. Leur rapport au travail s’en trouve modifié : il ne s’agit plus d’y rester longtemps, mais d’y trouver une expérience utile, porteuse de sens et alignée avec leurs valeurs.
Vers une transformation culturelle du travail
Ce changement de paradigme impose aux RH et aux managers de repenser leurs approches en profondeur. Il ne s’agit plus simplement d’adapter des outils ou de corriger des dysfonctionnements ponctuels, mais bien d’engager une transformation culturelle qui reconnaît et valorise la pluralité des attentes et des trajectoires professionnelles. Cela suppose d’instaurer un véritable dialogue organisationnel et intergénérationnel : un espace de régulation où les représentations divergentes du travail peuvent s’exprimer, se confronter et s’enrichir mutuellement. Des phrases comme « Ils ne veulent plus s’engager » ou « Ils ne comprennent pas le monde d’aujourd’hui » illustrent souvent la crispation mutuelle. Mais derrière ces jugements rapides, c’est une incompréhension plus structurelle qui se joue, liée à des référentiels différents sur la temporalité, l’engagement, ou encore la finalité du travail.
Des tensions anciennes dans un contexte nouveau
Ces tensions ne sont pas nouvelles, mais elles prennent une ampleur inédite dans un contexte post-COVID marqué par la digitalisation, la flexibilisation du travail et une redéfinition des priorités de vie. La question n’est donc plus de faire coexister les générations, mais de savoir comment faire dialoguer efficacement des visions du monde fondamentalement différentes.
Une réalité suisse marquée par la diversité des contextes
La Suisse n’est pas un pays uniforme. Cette mosaïque linguistique et culturelle se reflète directement dans le monde du travail. Une enquête de l’Université de Lausanne (2022), menée dans plusieurs cantons, met en lumière des différences marquées dans les attentes professionnelles selon les régions : les jeunes employés alémaniques valorisent davantage l’autonomie, tandis que ceux de Suisse romande placent plus haut la transparence, le climat d’équipe et la reconnaissance. En Suisse italienne, on observe une attente plus hiérarchisée, avec un besoin clair d’identification des rôles et responsabilités.
Une diversité régionale à intégrer dans les pratiques RH
Ces nuances cantonales, qui s’ajoutent aux écarts générationnels, complexifient la tâche des services RH. Là où un modèle de management collaboratif et horizontal fonctionne à Genève, il peut susciter de la confusion ou de la défiance à Saint-Gall ou à Lugano s’il n’est pas correctement contextualisé.
Plutôt que d’imposer un modèle unique de gestion intergénérationnelle, les entreprises suisses ont tout intérêt à adapter leurs pratiques selon le territoire et le profil culturel des équipes. Cela demande un effort supplémentaire : analyse des attentes, ajustement du style de communication, modulation des dispositifs de reconnaissance. Mais c’est aussi une formidable occasion d’enrichir la culture d’entreprise et de favoriser des passerelles entre réalités parfois cloisonnées.
Le rôle stratégique des RH suisses
Dans ce cadre, les RH jouent un rôle clé d’observateurs, de facilitateurs et de médiateurs multiculturels. En comprenant les ancrages territoriaux et générationnels des collaborateurs, ils deviennent de véritables architectes de la cohésion interne.
Repenser les pratiques managériales : une opportunité
Une nouvelle conception du rôle managérial
Le renouvellement générationnel en entreprise ne peut être abordé uniquement à travers la logique du « changement de style ». Il nous confronte, plus profondément, à une transformation des rapports au savoir, à l’autorité et au collectif. Si les attentes des générations Y et Z bousculent les repères managériaux hérités du XXe siècle, elles révèlent surtout une aspiration croissante à un travail vécu comme un espace de sens, de développement et de contribution réelle Le dialogue intergénérationnel en entreprise suisse ne se limite pas à la gestion des différences : il devient un révélateur des cultures implicites de travail.
Dans ce contexte, la formation n’est pas un outil correctif, mais un espace réflexif. Elle permet de déconstruire des habitudes managériales souvent implicites, issues d’une culture de la conformité ou de l’efficacité pure, pour les ouvrir à d’autres logiques : reconnaissance, expérimentation, coopération intergénérationnelle. C’est dans ce cadre que se redéfinit le rôle du manager, non plus comme simple pilote d’activité, mais comme accompagnateur de trajectoires, garant d’un cadre clair et porteur de sens.
Former autrement pour répondre aux enjeux d’aujourd’hui
Les approches pédagogiques doivent elles aussi évoluer. Il ne s’agit plus de transmettre un savoir figé, mais de créer les conditions d’un apprentissage vivant, ancré dans les réalités de terrain. Le dialogue entre pairs, les études de cas intergénérationnels, la mise en situation réelle deviennent les leviers d’une montée en compétence véritablement transformatrice. Cette dynamique appelle à revaloriser les compétences dites « relationnelles » : capacité d’écoute, gestion du désaccord, médiation entre logiques de temps différentes, etc.
Former dans ce cadre, c’est donner aux managers les outils pour décoder les comportements, anticiper les malentendus et ouvrir des espaces de régulation. Cela exige du temps, de l’engagement et une posture humble. Mais c’est aussi, à terme, ce qui permet de construire une culture du travail durable, inclusive et plus cohérente avec les aspirations du monde contemporain.
Créer les conditions d’un apprentissage collectif durable
On ne pilote pas les attentes des nouvelles générations, on apprend à les comprendre. C’est cette posture d’apprentissage — individuel et organisationnel — que la formation professionnelle peut soutenir si elle est pensée non pas comme une réponse à un problème, mais comme une exploration active des mutations du travail.
Décoder les logiques générationnelles pour mieux collaborer
Une évolution façonnée par les crises
Parler de générations, c’est prendre le risque de généraliser. Pourtant, ignorer ces grandes tendances reviendrait à passer à côté d’un levier de compréhension puissant dans le monde du travail. Ce que les générations Y et Z expriment, ce n’est pas une rupture arbitraire avec le passé, mais une transformation du rapport au travail façonnée par des contextes inédits : crises économiques, urgence climatique, digitalisation accélérée.
Ce que veulent vraiment les générations Y et Z
La génération Y, adulte dans un monde instable, aspire à un travail qui a du sens et qui lui permet d’apprendre, d’évoluer, de contribuer. Elle ne cherche pas un simple emploi, mais un projet qui fasse écho à ses valeurs. Elle attend de son entreprise qu’elle soit transparente, responsable et inclusive. La génération Z pousse ces exigences plus loin : elle ne négocie pas son autonomie, elle l’attend par défaut. Elle souhaite des relations égalitaires, un accès direct aux décisions, et un feedback constant.
Ces attentes ne sont pas des caprices, elles traduisent une conception renouvelée de la place du travail dans la vie : il n’est plus au centre, mais il doit avoir du sens. Cette approche peut dérouter les managers formés dans un autre paradigme. D’où l’importance de les accompagner dans cette lecture culturelle. Le rôle des RH n’est pas d’uniformiser, mais de créer les conditions pour que ces visions du travail, parfois opposées, puissent dialoguer. L’enjeu n’est pas de contraindre les jeunes à s’adapter, mais de structurer un dialogue intergénérationnel en entreprise capable de traduire les aspirations multiples.
Revisiter les outils RH traditionnels
Cela suppose d’interroger nos outils : les entretiens annuels sont-ils encore pertinents ? Le feedback est-il un moment rare ou un échange continu ? Le développement professionnel est-il réservé aux hauts potentiels ou accessible à chacun ?
La formation devient ici un espace de prise de recul collectif. Elle permet de revisiter ces dispositifs avec un regard critique, de les ajuster pour qu’ils fassent sens auprès de toutes les générations. Ce travail d’alignement ne vise pas à lisser les différences, mais à les rendre fécondes. Car c’est souvent dans l’écart — entre rythmes, attentes et références — que naissent les innovations managériales les plus fertiles.
RH : un rôle de médiateur générationnel
Un rôle pivot entre cultures
Face aux attentes contrastées des différentes générations, les services RH ne peuvent plus se contenter d’une approche administrative ou simplement opérationnelle. Leur rôle s’élargit désormais à celui de médiateur culturel. Il ne s’agit pas seulement de répondre aux besoins logistiques d’un personnel diversifié, mais de créer les conditions pour que cette diversité produise de la valeur collective.
Cela suppose une écoute active des signaux faibles : désengagement silencieux des jeunes, tensions implicites dans les équipes, incompréhensions autour des modes de communication ou des critères de performance. La médiation générationnelle passe par une capacité à décoder ces frictions et à les transformer en leviers d’ajustement.
Formaliser des espaces de dialogue intergénérationnel
La diversité générationnelle n’est pas une variable à « gérer » mais une dynamique à orchestrer. Pour cela, les RH doivent instaurer des espaces de parole où les représentations du travail, du temps, de la hiérarchie et du sens peuvent être mises en discussion. Ces conversations ne doivent pas rester anecdotiques ou ponctuelles. Elles doivent s’inscrire dans une gouvernance du travail ouverte, capable d’accueillir les désaccords comme des ressources.
Selon une étude de PwC Suisse (Future of People and Organisation, 2022), les entreprises qui favorisent une culture inclusive et intergénérationnelle constatent jusqu’à 30 % d’amélioration dans l’engagement collaborateur et la capacité d’innovation (source). Une donnée qui souligne l’impact stratégique de cette médiation sur la performance organisationnelle.
Comprendre les représentations générationnelles
De même, l’étude menée par Qualinsight en 2024 auprès de plus de 600 jeunes de Suisse romande confirme que les générations montantes attendent davantage de reconnaissance personnalisée, d’espaces d’écoute et d’implication dans les processus de décision ( Qualinsight – Étude Gen Z 2024). Pour répondre à ces attentes, les RH doivent réinventer leurs pratiques, non en cherchant à tout satisfaire, mais en clarifiant les règles du jeu et en assumant un rôle de facilitateur de sens.
Cette dynamique est confirmée par l’étude SwissSkills 2023, qui souligne que les jeunes suisses de 17 à 27 ans attendent des formations concrètes, alignées sur le monde professionnel et intégrant davantage d’autonomie dans l’apprentissage. L’étude révèle aussi que 54 % des répondants souhaitent une orientation professionnelle plus tardive, mieux liée à l’expérience réelle (SwissSkills Report 2023).
Déployer des leviers d’intelligence collective
Dans cette optique, des dispositifs tels que les baromètres internes de satisfaction, les focus groups générationnels, les entretiens qualitatifs croisés ou le feedback inversé (où les jeunes évaluent les pratiques managériales) prennent tout leur sens. Ils ne servent pas à produire du consensus, mais à cultiver la compréhension mutuelle — condition essentielle pour bâtir une culture d’entreprise résiliente et engagée.
Dans cette perspective, les entreprises suisses peuvent bénéficier d’un accompagnement externe pour structurer ces démarches de manière ciblée, sans alourdir leur fonctionnement. Avec son expertise en dynamique intergénérationnelle et en transformation culturelle, Swissnova intervient aux côtés des équipes RH et managériales pour faciliter l’émergence de dispositifs concrets, adaptés à la réalité du terrain. Il ne s’agit pas de plaquer des solutions prêtes à l’emploi, mais de co-construire des approches durables, alignées avec les valeurs et les objectifs de chaque organisation.
Une nouvelle culture du travail à co-construire
La cohabitation des générations en entreprise n’est pas une équation à résoudre, mais une richesse à orchestrer. Cela ne signifie pas gommer les différences, mais apprendre à en faire des ressources actives. Le dialogue entre visions du travail ne se décrète pas — il se construit, pas à pas, dans les pratiques, les postures et les dispositifs concrets.
En Suisse, où l’innovation sociale s’enracine dans une culture du consensus et de la responsabilité partagée, les conditions sont réunies pour transformer ces enjeux en véritables leviers de renouvellement managérial. Mais cela suppose de dépasser la logique de l’ajustement ponctuel. Il faut penser ces transformations à l’échelle des systèmes : systèmes de reconnaissance, de communication, d’apprentissage.
Vers un nouveau contrat social du travail
C’est dans cette direction que s’ouvrent les réflexions les plus fécondes. Et si, plutôt que de chercher à intégrer les nouvelles générations, on les considérait comme des partenaires d’un nouveau contrat social du travail ? Un contrat plus horizontal, plus flexible, mais aussi plus exigeant en termes d’alignement entre les discours et les pratiques.
Ce chemin ne se fait pas seul. Il appelle à la collaboration entre RH, direction, formateurs, collaborateurs — et à une posture d’apprentissage permanent. Et si le dialogue intergénérationnel en entreprise devenait le point de départ d’un nouveau contrat culturel du travail ?
Pour aller plus loin,Swissnova permet d’explorer ces leviers en profondeur.*
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par Content Manager | 7 Juil 2025 | compétences, Formation Entreprise, Ressources Humaines
Comment évaluer ce qui ne se voit pas ? Cette question, en apparence philosophique, est devenue l’une des plus concrètes que se posent les professionnels RH aujourd’hui. Face à des parcours de plus en plus discontinus, à la disparition progressive des repères traditionnels (diplômes, années d’expérience, entreprises de référence), et à la montée en puissance des compétences dites « comportementales », le recrutement devient un exercice d’observation, de projection, et parfois d’intuition méthodique.
Ce que l’on attend d’un collaborateur ne tient plus seulement dans un descriptif de poste. On cherche des qualités comme l’agilité relationnelle, la capacité à collaborer dans l’incertitude, le discernement dans les prises de décision ou la capacité à apprendre en continu. Autant de compétences dites « invisibles », parce qu’elles ne s’affichent pas en haut d’un CV et ne se prouvent pas par un simple entretien.
Alors, comment les détecter ? Comment s’assurer que le processus de recrutement permet de révéler ces éléments essentiels, sans tomber dans la subjectivité pure ? Et quel rôle pour les RH, les managers, ou les formateurs dans cette redéfinition des pratiques ?
Ce sont ces questions — à la fois stratégiques, éthiques et très opérationnelles — que nous explorons ici.
La fin des parcours standards ?
Pendant longtemps, le recrutement s’appuyait sur un réflexe rassurant : diplômes, années d’expérience, postes précédents dans des entreprises reconnues. Ce modèle reste encore très présent dans les grilles de lecture des recruteurs en Suisse, notamment dans les grandes organisations publiques ou les secteurs réglementés. Mais dans les PME, les start-ups, les ONG, les milieux culturels ou les métiers de l’innovation, la réalité est différente.
Les parcours sont fragmentés, hybrides, souvent à cheval entre différents secteurs. Certains candidats ont fait plusieurs reconversions, ont appris à coder sur YouTube ou à manager sans titre officiel. Ces profils ne rentrent pas dans les cases, mais ils sont souvent porteurs de valeur. Encore faut-il savoir les lire. Par exemple, un candidat ayant passé dix ans dans le monde associatif, avec des fonctions transversales, peut développer une adaptabilité, une résolution de problèmes ou une intelligence contextuelle hors norme — autant de compétences que ne dévoile pas un intitulé de poste.
Les compétences comportementales, nouveau standard RH
Les soft skills, longtemps considérées comme un « bonus », deviennent aujourd’hui un critère de sélection majeur. Selon le World Economic Forum, les compétences les plus recherchées en 2025 seront la pensée critique, la résolution de problèmes complexes, l’intelligence émotionnelle ou encore l’agilité cognitive. Or, ces qualités sont difficilement mesurables dans un entretien classique.
Du point de vue RH, l’enjeu est double : d’une part, identifier ces compétences sans outils standardisés — car peu d’entreprises disposent d’évaluations prédictives internes —, et d’autre part, définir ce que l’on cherche réellement. Une entreprise en transformation culturelle n‘aura pas besoin des mêmes soft skills qu’une organisation en pleine croissance commerciale. Or, peu de grilles RH prennent en compte cet alignement dynamique entre culture interne et compétences humaines.
Prenons un exemple typique observé dans plusieurs entreprises suisses romandes du secteur technologique et financier : après une phase de croissance rapide post-COVID, nombre d’entre elles ont dû revoir en profondeur leurs critères de recrutement. Si les hard skills restaient indispensables, ce sont les profils capables de s’adapter aux itérations rapides, de communiquer efficacement à distance, et de gérer leur charge émotionnelle qui ont véritablement fait la différence. Dans ces contextes, les services RH ont souvent élaboré, en collaboration avec les managers, des grilles d’entretien spécifiques intégrant ces nouveaux critères comportementaux.
Recruter, un art ou une compétence ?
Beaucoup de managers pensent encore que recruter est une affaire d’intuition. « Je le sens bien » ou « j’ai un bon feeling » sont des phrases courantes… et risquées. Les neurosciences comme les sciences sociales ont largement montré que nos décisions de recrutement sont très souvent biaisées : effet de halo, biais de similarité, préférence pour des profils qui nous ressemblent.
En tant que spécialiste RH, cette intuition ne peut suffire. Le recrutement engage l’organisation sur le long terme, en particulier lorsqu’on parle de postes à responsabilité, de profils rares ou de contextes sensibles (transformation, fusion, crise). Or, les coûts d’un mauvais recrutement ne sont pas anecdotiques : on parle souvent de 1 à 1,5 année de salaire total perdu (selon les données du Harvard Business Review) si l’on intègre les coûts directs (temps RH, intégration, formation) et indirects (perte de productivité, impact d’équipe, image employeur).
D’un point de vue opérationnel, une compétence de recrutement bien développée repose sur plusieurs éléments :
- Une définition claire des critères comportementaux attendus
- Une grille d’observation partagée entre RH et managers
- Une capacité à poser des questions ouvertes, ciblées, non suggestives
- Un entraînement à repérer les biais cognitifs
- Et surtout, un espace de retour critique sur sa propre pratique
Un formateur RH expérimenté le dira : la qualité d’un recrutement repose moins sur la sélection finale que sur la clarté du besoin, la cohérence du processus, et la capacité à structurer l’observation. Dans les formations professionnelles, il n’est pas rare de proposer aux recruteurs des jeux de rôle filmés: le·la recruteur·se mène un entretien simulé, puis analyse sa posture — interruptions, type de questions, non-verbal. Cette étape décentre la perception subjective : on prend conscience, par exemple, qu’un même profil n’est pas questionné de la même façon selon son genre ou son origine — un biais fréquent corroboré par les études.
Cette posture réflexive transforme l’intuition en compétence observable : mieux comprise, contextualisée, enseignable. L’intuition n’est plus aléatoire, elle devient outil, calibré par la méthode.
Loin d’être une formalité administrative, l’entretien devrait être un espace de co-évaluation : un moment où le recruteur explore, observe, fait émerger des compétences invisibles, tout en permettant au candidat de se projeter. Cela suppose une vraie préparation : poser les bonnes questions, écouter activement, capter les signaux faibles.
De plus en plus de recherches en psychologie du travail et en sciences de la gestion recommandent de recourir à des méthodes qualitatives structurées pour accéder à ces compétences comportementales. Par exemple, la Harvard Business Review (2021) recommande l’usage d’entretiens semi-structurés intégrant des situations inattendues ou ambigües pour observer les mécanismes de raisonnement, d’adaptation ou de gestion du stress chez un candidat.
Dans cette perspective, certaines entreprises — notamment dans les secteurs de la tech ou de la santé — intègrent des « questions de rupture » ou des mises en situation volontairement déroutantes pour observer la capacité à garder le cap face à l’imprévu. L’intérêt n’est pas la « bonne réponse », mais la manière dont le candidat structure sa pensée, communique son raisonnement ou rebondit en temps réel.
Ce type d’approche, documenté dans les travaux de Levashina et al. (2014, Journal of Applied Psychology), renforce la validité prédictive de l’entretien tout en conservant une forte dimension humaine. Il transforme le recruteur en analyste de posture et d’interaction, bien au-delà de la simple vérification de parcours ou de compétences déclarées.
Former les managers recruteurs : un levier sous-exploité
De nombreux entretiens en entreprise sont aujourd’hui conduits non par des professionnels RH formés, mais par des managers opérationnels, parfois seuls, souvent sans formation spécifique. Or, ce sont eux qui prennent les décisions finales. Cette réalité soulève un point critique : à la croisée de l’évaluation technique et humaine, le manager joue un rôle central dans le processus de recrutement, sans toujours disposer des outils nécessaires pour en garantir la qualité.
Selon une enquête menée par SocialTalent (2022), les managers non formés constituent le principal facteur de risque dans le processus de sélection. Ils ont tendance à s’appuyer sur leur ressenti, posent parfois des questions inappropriées (voire discriminantes), et créent des expériences candidats inégales. SHRM (Society for Human Resource Management) confirme ce constat : l’inconsistance des évaluations entre managers est l’un des points faibles majeurs dans les dispositifs RH.
Les conséquences sont multiples : décisions biaisées, difficulté à comparer les profils objectivement, confusion entre affinité personnelle et potentiel professionnel. À cela s’ajoutent les risques juridiques liés aux questions non conformes, et l’impact sur la marque employeur lorsque l’expérience candidat est perçue comme approximative ou injuste.
Former les managers à l’entretien de recrutement, ce n’est pas les transformer en spécialistes RH. C’est leur permettre de structurer leurs observations, de mieux comprendre leurs biais, de poser des questions adaptées, et de mieux collaborer avec les équipes RH. Des formats courts, très pratiques, basés sur des mises en situation, des jeux de rôle, ou des grilles d’analyse comportementale partagées, permettent une montée en compétence rapide.
Ce type d’approche, inspiré des meilleures pratiques internationales, professionnalise la posture du manager sans l’alourdir. Elle garantit un processus plus juste, plus aligné avec les besoins réels de l’organisation, et contribue à faire du recrutement un acte stratégique partagé, et non une simple délégation.
Recruter avec justesse : une responsabilité éthique et stratégique
Recruter, c’est aussi projeter une image de l’entreprise. C’est dire à quel point on valorise la diversité des profils, l’évolution des compétences, l’attention au facteur humain. Dans un marché du travail où les candidats peuvent évaluer les recruteurs aussi facilement que l’inverse, chaque entretien devient un moment-clé.
Pour les RH, cela pose une véritable question de posture : voulons-nous être les garants de la conformité administrative, ou les facilitateurs de la rencontre juste ? Cette responsabilité est éthique, car elle touche à l’accès au travail. Mais elle est aussi stratégique : un recrutement réussi, ce n’est pas juste un bon profil, c’est un collaborateur qui s’inscrit durablement et fait évoluer son environnement.
Les compétences invisibles ne sont pas des mystères impalpables. Elles demandent simplement une posture différente, une rigueur d’observation, et parfois un pas de côté. Recruter avec justesse, c’est accepter de ne pas tout contrôler, mais de savoir mieux discerner.
C’est dans cet espace que la fonction RH retrouve toute sa pertinence : entre l’analyse et l’intuition, entre la méthode et l’écoute, entre ce qui se voit et ce qui se révèle.