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Manager ses anciens collègues : préserver la confiance

Manager ses anciens collègues : préserver la confiance

Oct 26, 2026 · @Swissnova

Quand un membre de l’équipe devient manager, il connaît déjà les personnes, les dossiers et les habitudes de travail. C’est un bon point de départ. Mais du jour au lendemain, les rôles ne sont plus tout à fait les mêmes. Et le nouveau responsable comme ses anciens collègues n’ont pas forcément eu l’occasion de parler de ce que cela change entre eux.

Dans notre article sur le passage d’expert à manager, nous avions évoqué cette transition. Manager ses anciens collègues soulève des questions particulières : comment préserver la confiance, trouver sa place et développer les compétences relationnelles nécessaires à ce nouveau rôle ? 

La confiance construite entre collègues peut rester un véritable atout. Encore faut-il trouver ensemble de nouveaux repères.

Ce qui change après une promotion interne

Les premiers signes sont discrets. Une conversation s’arrête quand le nouveau responsable entre dans la pièce. Un collègue lui parle comme avant, un autre devient plus formel. On ne l’invite plus toujours à la pause de midi. Personne ne l’a nécessairement décidé. Chacun s’adapte à sa manière.

Le professeur Eric Davoine, de l’Université de Fribourg, étudie les cultures managériales depuis plus de quinze ans. Ses travaux montrent qu’en Suisse comme en Allemagne, l’expertise professionnelle joue un rôle important dans la reconnaissance des managers. Dans les entreprises étudiées, les interlocuteurs suisses préfèrent aussi une communication plus indirecte et plus nuancée.

Bien sûr, chaque équipe a ses habitudes. Mais lorsque les échanges privilégient la nuance et le consensus, il n’est pas toujours facile de parler d’une relation qui change. Laisser du temps à chacun peut aider. En parler permet aussi de mieux comprendre les attentes de l’autre.

Les situations qui deviennent délicates

Certaines situations prennent une autre dimension après une promotion interne. Donner un avis sur le travail d’un collègue dont on était proche, par exemple. Ou dire non à quelqu’un qui était hier son égal. La situation peut aussi être sensible lorsqu’un collègue avait présenté sa candidature pour le même poste.

Les confidences d’hier comptent également. Le nouveau manager a peut-être partagé des critiques sur la hiérarchie avec ses collègues. Il connaît parfois des détails de leur vie privée. Un manager venu de l’extérieur n’aurait pas forcément cette connaissance de l’équipe. Ses anciens collègues, eux, savent ce qu’ils ont partagé.

Si ces moments sont délicats, ce n’est pas forcément par manque d’assurance. Deux histoires se croisent : celle des collègues qui se connaissent depuis longtemps et celle d’une nouvelle relation entre manager et équipe.

Le changement se vit d’ailleurs des deux côtés. Les anciens collègues apprennent eux aussi à travailler autrement avec quelqu’un qu’ils connaissent bien.

Pourquoi la proximité avec ses anciens collègues peut-elle devenir plus complexe ?

Au travail, les relations entre collègues et les liens d’amitié ne reposent pas toujours sur les mêmes attentes. Une étude publiée en 2023, menée par des chercheurs des universités de Hohenheim, de Cologne et de Floride auprès de 950 salariés au total, s’est intéressée aux tensions qui peuvent en découler.

Par exemple, au travail, on cherche à traiter chacun de manière équitable, alors qu’entre amis, on accorde naturellement plus d’attention à ses proches. On peut aussi hésiter à donner un retour critique à un ami, de peur qu’il le prenne personnellement. Et certaines informations que l’on partage habituellement entre amis doivent parfois rester confidentielles dans le cadre professionnel.

Ces différences peuvent avoir des effets au-delà de la relation d’amitié. Les chercheurs ont observé que les tensions entre ces deux rôles étaient associées à des comportements moins attentifs envers les autres collègues, plutôt qu’envers les amis concernés.

L’étude porte sur les amitiés entre collègues, et non directement sur les promotions internes. Elle apporte néanmoins un éclairage intéressant : les relations proches peuvent influencer la manière dont chacun trouve sa place dans une équipe.

Faut-il pour autant prendre ses distances ? Pas nécessairement. Les chercheurs évoquent une autre possibilité : clarifier les attentes liées aux différents rôles. Deux amis peuvent, par exemple, convenir qu’un désaccord en réunion ne remet pas en question leur relation.

Cette piste prend tout son sens lorsqu’un manager est promu au sein de sa propre équipe. Comment faire évoluer les relations sans perdre la confiance construite auparavant, tout en restant attentif à l’ensemble des collègues ?

Quelles compétences relationnelles mobiliser dans ce nouveau rôle ?

Ces situations font appel à des compétences que le nouveau manager possédait peut-être déjà, mais que son nouveau rôle l’amène à mobiliser autrement.

Trois domaines prennent notamment une nouvelle importance : la posture managériale, pour trouver sa place parmi des collègues qui le connaissent bien ; l’assertivité, pour exprimer ses attentes et prendre position tout en préservant le dialogue ; et la gestion des dynamiques d’équipe, pour veiller à l’équité et à la qualité des relations au sein du groupe.

Ces compétences prennent forme dans les échanges du quotidien. Une discussion avec l’équipe peut aider à clarifier les nouvelles responsabilités, tandis que des conversations individuelles permettent d’aborder certaines attentes plus personnelles. C’est aussi l’occasion de reconnaître ce qui reste : la connaissance des dossiers, les habitudes de travail qui fonctionnent bien et la confiance construite ensemble.

Tout ne se règle pas en une discussion. La confiance continue de se construire dans la manière d’expliquer les décisions, d’écouter chacun et de faire vivre les engagements pris ensemble.

Comment former un nouveau manager aux compétences relationnelles ?

Les attentes vis-à-vis de la carrière évoluent. Selon le Baromètre RH suisse 2026, la proportion de salariés souhaitant progresser dans la hiérarchie a reculé de neuf points depuis 2018. Pour les entreprises, cette évolution invite aussi à réfléchir à la manière d’accompagner celles et ceux qui prennent des responsabilités managériales.

Une prise de fonction mobilise de nouvelles compétences, mais aussi des capacités relationnelles à utiliser autrement. Pourtant, elle ne s’accompagne pas toujours d’une préparation spécifique. Au Royaume-Uni, une enquête du Chartered Management Institute menée en 2023 auprès de plus de 4 500 personnes révèle que 82 % des personnes devenues managers n’avaient pas reçu de formation formelle au management.

Pour un manager promu au sein de son équipe, une formation peut offrir un espace pour prendre du recul sur sa nouvelle posture et expérimenter d’autres façons d’agir.

Les mises en situation permettent notamment de travailler l’assertivité, la communication managériale ou la gestion des tensions. Les participants peuvent tester différentes approches, observer leurs effets et ajuster leur manière de faire. Les échanges entre pairs apportent aussi de nouvelles perspectives, à partir des expériences vécues par d’autres managers.

L’enjeu n’est pas de proposer une manière unique de manager ses anciens collègues. Il s’agit plutôt de permettre à chacun de développer ses compétences et de trouver progressivement sa place dans ce nouveau rôle.

Pour les RH et les responsables formation : accompagner une promotion interne

Une promotion interne ne concerne pas seulement la personne qui devient manager. Elle fait aussi évoluer les relations au sein de l’équipe.

L’organisation peut faciliter cette transition dès l’annonce du nouveau rôle, en clarifiant les responsabilités de chacun. Un échange avec les candidats non retenus permet également de reconnaître leur démarche et de discuter de leurs perspectives d’évolution.

Les premières semaines sont une période importante pour prendre ses marques. Des points réguliers avec la hiérarchie peuvent aider le nouveau manager à prendre du recul sur les situations rencontrées. Un accompagnement proposé au bon moment permet aussi de relier les apprentissages aux réalités de sa prise de fonction.

Pour les équipes RH et formation, une question mérite alors d’être posée : à quel moment, et à partir de quelles situations, accompagne-t-on les collaborateurs qui prennent pour la première fois des responsabilités managériales ?

Une confiance qui évolue

Une promotion interne change les relations, mais elle n’efface pas la confiance construite auparavant. Cette histoire commune peut même devenir un atout, à mesure que chacun trouve ses nouveaux repères.

Le manager n’a pas à construire seul cette nouvelle relation. Ses collègues y participent aussi, tout comme l’organisation, à travers la manière dont elle prépare et accompagne cette transition.

Et si trouver sa place consistait moins à prendre ses distances qu’à faire évoluer la confiance qui existe déjà ?

Source image: @Nadezda 

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Chaque organisation vit ces changements à sa manière, selon ses métiers et ses besoins. Si vous souhaitez approfondir la question des promotions internes dans votre organisation, nous serons heureux de poursuivre la conversation avec vous.

Passer d’expert à manager : apprendre un nouveau métier

Passer d’expert à manager : apprendre un nouveau métier

Oct 19, 2026 · @Swissnova

Passer d’expert à manager ne revient pas à ajouter quelques responsabilités à un poste existant. C’est apprendre un nouveau métier. Ce que l’expert sait déjà garde toute sa valeur. Ce qui change, c’est la manière de s’en servir.

Vous maîtrisez votre métier. Face à un problème complexe, vous connaissez le processus pour trouver la solution rapidement. Un collaborateur aurait besoin de plus de temps que vous pour y arriver. Depuis votre nomination comme responsable d’équipe, la question revient chaque semaine. Faut-il régler le problème vous-même, ou le laisser chercher ?

Les deux réponses se défendent. Intervenir garantit la qualité et le délai. Laisser chercher prend plus de temps, mais votre collaborateur saura faire la fois suivante. C’est dans ces choix quotidiens que se joue une bonne part du métier de manager.

Pourquoi être un bon expert ne suffit-il pas pour devenir manager ?

Les deux rôles ne demandent pas les mêmes compétences. L’expert obtient des résultats par son propre travail. Le manager les obtient surtout grâce au travail de son équipe. Donner un cap ou accompagner chacun dans sa progression fait désormais partie de son rôle.

Des chercheurs du MIT, de Yale et de l’Université du Minnesota ont étudié la question de près. Ils ont suivi près de 39 000 commerciaux dans 131 entreprises aux États-Unis. Les meilleurs vendeurs avaient plus de chances d’être promus managers. Une fois promus, ils ne faisaient pourtant pas de meilleurs managers que les autres. Leurs équipes vendaient même, en moyenne, un peu moins.

Ces résultats rejoignent une idée formulée en 1969 par le pédagogue canadien Laurence J. Peter. Selon ce « principe de Peter », chacun est promu tant qu’il réussit dans son poste. Il finit par occuper une fonction qui demande d’autres compétences. Énoncée à l’origine sur un ton ironique, l’idée se vérifie ici dans des données réelles.

L’étude apporte un autre enseignement. Les vendeurs habitués à travailler avec leurs collègues devenaient de meilleurs managers. Les chercheurs ont mesuré cette habitude au nombre de collègues avec qui chacun partageait ses ventes. Les entreprises n’en tenaient pourtant guère compte au moment de promouvoir.

Autrement dit, le chiffre d’affaires individuel, très visible, renseigne mal sur la capacité à faire réussir les autres. Bien que l’étude porte sur un seul métier, dans un seul pays. Elle invite néanmoins toute entreprise à regarder au-delà des résultats individuels au moment d’une promotion.

Quand connaître la réponse ne signifie plus devoir la donner

Pendant des années, l’expert a été reconnu pour sa capacité à trouver vite la bonne solution. Cette compétence garde toute sa valeur. Devenu manager, il découvre pourtant un paradoxe. Donner tout de suite la réponse peut empêcher un collaborateur de progresser.

Une question bien posée ouvre souvent davantage de pistes. « Comment vois-tu le problème ? » « De quoi aurais-tu besoin pour décider ? » Le collaborateur construit alors son propre raisonnement, et le manager vérifie qu’il tient la route.

Il ne s’agit pas de cacher ce que l’on sait. Il s’agit de choisir le moment où on le partage. L’expertise ne sert alors plus seulement à résoudre les problèmes. Elle sert aussi à aider les autres à les résoudre. Le leadership d’un nouveau manager se construit en grande partie de cette manière.

Quand faut-il intervenir, et quand vaut-il mieux laisser faire ?

Quand on vient de passer d’expert à manager, ce choix revient sans cesse. Si une échéance approche ou si une erreur coûterait cher, intervenir peut être la bonne décision. Dans d’autres cas, laisser chercher est un investissement. Déléguer ne consiste donc pas seulement à confier une tâche. C’est décider ce que l’on confie, et avec quel soutien.

Avant de reprendre un dossier, quatre questions aident à trancher.

  1. Est-ce urgent ? Le délai laisse-t-il le temps d’apprendre ?
  2. Que coûterait une erreur ? Une marge d’essai est-elle acceptable ?
  3. Qu’est-ce que le collaborateur peut apprendre ? Cette situation lui servira-t-elle demain ?
  4. De quel soutien a-t-il besoin ? Faut-il travailler ensemble, prévoir un point d’étape ou le laisser avancer seul ?

Ces questions ne forment pas une méthode. Elles aident simplement à garder les dossiers les plus sensibles et à confier peu à peu les autres.

Pourquoi l’autonomie d’une équipe ne se décrète-t-elle pas ?

Un nouveau manager veut souvent rendre son équipe plus autonome. Les collaborateurs continuent pourtant parfois à demander leur avis pour des décisions courantes, même quand les rôles sont clairs. Dire « désormais, vous décidez » ne suffit pas. L’équipe a besoin que la décision soit réellement possible.

Trois conditions y contribuent.

  • Savoir ce que l’on peut décider. Chacun sait quelles décisions il prend seul, lesquelles se discutent et lesquelles reviennent au manager.
  • Avoir de quoi décider. Les informations utiles ne restent pas dans la tête du responsable. Chacun dispose aussi du temps nécessaire.
  • Pouvoir se tromper sans crainte. Quand l’enjeu le permet, une décision qui tourne mal sert à comprendre ce qui s’est passé. Elle ne devient pas un reproche.

Prenons une équipe qui répond aux demandes des clients. Le manager peut préciser jusqu’à quel montant un collaborateur accorde seul un geste commercial. Au-delà, on en parle ensemble. L’équipe sait alors où s’arrête son espace de décision, sans réinventer la règle à chaque fois. L’autonomie repose donc sur la confiance, mais aussi sur l’organisation du travail.

Dans de nombreuses PME, le responsable garde en plus une part importante de travail technique. Ce double rôle n’est pas une étape provisoire. Il n’existe donc pas une seule manière de passer d’expert à manager. Chacun construit son propre équilibre.

Comment trouver sa place auprès de ses anciens collègues ?

Lorsqu’on est promu au sein de sa propre équipe, la relation avec les anciens collègues change. Hier, on partageait les mêmes dossiers, et parfois les mêmes critiques sur la hiérarchie. Aujourd’hui, on donne une direction et on accompagne chacun. Certains moments deviennent alors plus délicats, pour l’un comme pour l’autre. Donner un avis sur son travail à un collègue dont on était proche en fait partie. Refuser une demande à quelqu’un qui était hier un égal aussi. Un échange ouvert sur ce qui change, et sur ce qui reste, aide souvent chacun à retrouver ses repères. Comment préparer cet échange, et jusqu’où rester proche de ses anciens collègues ? Ce sera d’ailleurs le sujet du prochain article de notre blog.

Comment transformer l’expérience en compétence ?

Les premiers mois d’un nouveau manager sont riches en situations nouvelles. Les vivre ne suffit pourtant pas toujours pour en tirer une leçon. Un manager peut traverser dix moments difficiles et réagir dix fois de la même manière.

Prenons un premier entretien délicat avec un collaborateur. Le manager peut passer directement au dossier suivant. Il peut aussi prendre dix minutes pour revenir sur ce qui s’est passé. Qu’est-ce qu’il voulait obtenir ? À quel moment la discussion a-t-elle tourné ? Que ferait-il autrement la prochaine fois ? Ces dix minutes transforment un moment difficile en apprentissage.

Ce recul est plus facile à plusieurs. Les retours de l’équipe y contribuent, à condition de les demander ouvertement. Les échanges avec d’autres managers montrent aussi qu’un même problème se règle de plusieurs façons.

L’entreprise joue également un rôle. Un manager débordé n’a pas le temps de prendre ce recul. Selon le dernier rapport mondial de Gallup, 45 % des managers vivent un stress important au quotidien. C’est le cas de 39 % des autres salariés. Ces chiffres ne mesurent pas l’effet d’une promotion. Ils rappellent toutefois que les conditions de travail des managers comptent autant que leurs compétences.

Côté entreprise, deux mesures simples aident. La première consiste à préciser par écrit ce qui change dans le poste. La seconde consiste à alléger la charge technique du nouveau manager pendant ses premiers mois. Aider un collaborateur à passer d’expert à manager engage donc aussi sa hiérarchie et les RH.

Pour le responsable formation : l’expérience ne suffit pas toujours

Une prise de fonction confronte vite le nouveau manager à des situations inédites, comme arbitrer ou gérer un désaccord. Ces moments sont une matière précieuse pour apprendre, à condition de pouvoir prendre du recul. Un échange entre pairs, un retour d’expérience organisé ou un accompagnement individuel aident à transformer une situation vécue en compétence. Une formation en management prend alors tout son sens, car elle s’appuie sur ce que le manager vit réellement. L’enjeu ne porte donc pas seulement sur le programme à proposer. Il porte aussi sur ce qui se passe, dans votre organisation, après la première situation difficile d’un nouveau manager.

Devenir manager sans cesser d’être expert

Devenir manager ne signifie pas tourner le dos à ce que l’on sait. Le nouveau manager apprend à s’en servir autrement, au fil des semaines et des situations. Passer d’expert à manager change surtout la façon de mesurer son utilité. Elle ne tient plus seulement à ce que l’on fait soi-même. Elle tient aussi à ce que l’on aide les autres à réussir. C’est souvent là que naît le leadership.

Source image:Cristina Conti


Chaque organisation aborde ces transformations à partir de réalités, de métiers et de besoins différents.

Si vous souhaitez approfondir la question de la prise de fonction managériale dans votre organisation, nous serons heureux de poursuivre la conversation avec vous.

Quand l’IA fait le travail, comment savoir si nous avons appris ?

Quand l’IA fait le travail, comment savoir si nous avons appris ?

Formation en entreprise : pourquoi l’intelligence artificielle oblige à repenser l’apprentissage, l’évaluation et l’expertise métier.

Pendant longtemps, le résultat nous renseignait assez bien sur l’apprentissage.

Un rapport bien construit, une analyse pertinente ou une présentation convaincante permettaient de supposer qu’une personne avait acquis les connaissances et les compétences nécessaires pour les produire.

L’intelligence artificielle générative vient brouiller cette équation.

Un collaborateur peut aujourd’hui produire en quelques minutes un document qu’il lui aurait fallu plusieurs heures pour construire auparavant. Le résultat peut être excellent.

Mais qu’a-t-il appris en le produisant ?

La question n’est pas anodine. Formation en entreprise et IA sont désormais étroitement liées : les organisations doivent à la fois développer les compétences et repenser la manière dont elles évaluent leur acquisition.

À l’ère de l’IA, le lien entre performance et apprentissage devient moins évident.

L’IA est déjà entrée dans les pratiques

En Suisse, l’intelligence artificielle n’est plus un usage marginal.

Selon l’IGEM-Digimonitor 2026, quatre personnes sur cinq utilisent désormais des outils d’IA au moins occasionnellement. En deux ans, cet usage a doublé. L’IA s’installe donc rapidement dans les pratiques quotidiennes, notamment pour rechercher de l’information, produire du contenu ou soutenir certaines tâches professionnelles.

Du côté des entreprises, la dynamique est similaire. Le European AI Barometer 2025 d’EY montre que de nombreux salariés suisses se forment déjà à ces outils.

Mais un décalage apparaît entre l’adoption de l’IA et la qualité perçue de l’accompagnement : seuls 28 % des salariés se disent satisfaits des possibilités de formation proposées.

Autrement dit, l’IA entre rapidement dans les usages, parfois plus vite que les dispositifs de formation ne s’adaptent.

La question n’est donc plus seulement de savoir si les collaborateurs doivent apprendre à utiliser l’IA.

Il faut aussi se demander comment ils continuent à apprendre leur métier lorsqu’ils l’utilisent.

Quand produire ne suffit plus à démontrer que l’on sait

L’IA générative rend particulièrement visible une distinction connue depuis longtemps dans la recherche sur l’apprentissage : réussir une tâche n’est pas nécessairement la même chose qu’apprendre.

Robert et Elizabeth Bjork, chercheurs en psychologie cognitive à l’Université de Californie à Los Angeles, travaillent depuis plusieurs décennies sur ce qu’ils appellent les « difficultés désirables ».

Leurs travaux montrent que les méthodes qui donnent rapidement une impression de maîtrise ne sont pas toujours celles qui favorisent le mieux la mémorisation et le transfert à long terme. À l’inverse, certaines activités plus exigeantes (chercher une information dans sa mémoire, espacer les révisions, confronter plusieurs problèmes, se tromper puis corriger son raisonnement) peuvent ralentir la progression immédiate tout en renforçant l’apprentissage. Cette idée est notamment développée dans leurs travaux sur l’apprentissage à long terme.

Autrement dit, la facilité avec laquelle une tâche est réalisée peut donner une impression de maîtrise sans garantir que l’apprentissage soit réellement consolidé.

Avec l’IA générative, cette question prend une dimension nouvelle.

Un texte bien écrit, une analyse structurée ou une présentation convaincante peuvent désormais être produits très rapidement. Leur qualité ne permet pourtant plus, à elle seule, de savoir ce que la personne comprend réellement du sujet.

Pour la formation en entreprise, cela rend l’évaluation de la compétence plus complexe: l’IA peut désormais contribuer à des étapes du travail qui, auparavant, permettaient d’inférer plus directement ce que la personne savait faire.

Un livrable de qualité reste un indicateur utile, mais il renseigne moins directement qu’auparavant sur le raisonnement, les choix ou les connaissances mobilisés pour y parvenir.

Avec l’IA, l’évaluation gagne donc à prendre aussi en compte la manière dont le résultat a été construit, vérifié et adapté au contexte.

L’IA ne supprime pas forcément la réflexion. Elle la déplace.

Cela ne signifie pas que travailler avec l’IA revient à ne plus réfléchir.

Une étude publiée en 2025 par Microsoft Research et Carnegie Mellon University apporte ici une nuance importante.

Les chercheurs ont interrogé 319 travailleurs du savoir, qui ont décrit 936 situations réelles dans lesquelles ils avaient utilisé l’IA générative dans le cadre de leur activité professionnelle.

Leurs observations suggèrent que la pensée critique ne disparaît pas nécessairement lorsque l’IA intervient. Elle change en partie de nature.

Les participants décrivent davantage d’efforts consacrés à la vérification des informations, à l’intégration des réponses obtenues et au pilotage de la tâche.

Autrement dit, une partie du travail cognitif se déplace.

Il ne s’agit plus seulement de produire une réponse, mais aussi de déterminer si celle proposée par l’IA est correcte, pertinente et adaptée à la situation.

Un autre résultat est particulièrement intéressant pour la formation professionnelle.

Dans cette étude, une confiance élevée dans l’IA est associée à une mobilisation moindre de la pensée critique. À l’inverse, les participants qui ont davantage confiance dans leur propre expertise déclarent examiner plus attentivement les résultats produits par l’outil.

Cela soulève une question essentielle.

Comment vérifier une réponse lorsque l’on ne maîtrise pas suffisamment le domaine pour savoir qu’elle est discutable ?

L’IA augmente peut-être la valeur de l’expertise au moment même où elle donne l’impression de pouvoir s’en passer

L’accès immédiat à une réponse peut donner l’impression que certaines connaissances deviennent moins importantes.

Pourquoi mémoriser une information que l’on peut retrouver en quelques secondes ? Pourquoi construire une première analyse si l’IA peut en proposer une immédiatement ?

Mais utiliser efficacement un outil ne consiste pas seulement à obtenir une réponse.

Il faut pouvoir l’évaluer.

Cela suppose de reconnaître une incohérence, de repérer une information improbable, d’identifier ce qui manque, de comprendre le contexte et parfois de décider de ne pas suivre la proposition de l’outil.

Ces capacités reposent en grande partie sur des connaissances et une expérience préalables.

Le paradoxe est donc intéressant :

plus l’IA devient capable de produire, plus la capacité humaine à juger ce qu’elle produit devient stratégique.

Pour les entreprises, formation métier et formation à l’IA ne devraient donc pas être pensées séparément. Nous avions déjà abordé cette question dans notre article sur les compétences techniques et l’intelligence artificielle, notamment autour du rôle de l’expertise dans la vérification des réponses produites par les outils.

Apprendre à utiliser un outil sans renforcer les connaissances qui permettent d’en évaluer les réponses risque de créer une compétence superficielle : savoir obtenir un résultat sans toujours être capable d’en apprécier la qualité.

Formation en entreprise et IA : ce que cela change pour les concepteurs

L’enjeu n’est pas de supprimer l’IA des dispositifs de formation.

Il serait d’ailleurs paradoxal de préparer des collaborateurs à un environnement professionnel transformé par l’IA en leur interdisant systématiquement de l’utiliser.

La question est plutôt de savoir à quel moment l’introduire et dans quel but pédagogique.

Quelques principes permettent déjà de structurer cette réflexion.

1. Faire émerger une première réflexion avant de solliciter l’IA

Demander immédiatement une réponse à l’IA peut court-circuiter une étape utile : formuler une première hypothèse.

Avant de consulter l’outil, le participant peut être invité à préciser ce qu’il sait déjà, la solution qu’il envisagerait ou les informations qui lui manquent.

L’IA intervient ensuite comme point de comparaison, plutôt que comme point de départ.

2. Utiliser l’IA comme contradicteur

L’IA ne doit pas nécessairement servir à fournir une réponse.

Elle peut aussi être utilisée pour tester une analyse, chercher des contre-arguments, identifier des angles morts ou proposer une interprétation différente.

Le travail consiste alors à examiner ces propositions : lesquelles sont pertinentes ? Lesquelles doivent être écartées ? Sur quels critères ?

Dans ce rôle, l’IA devient un outil de confrontation plutôt qu’un raccourci.

3. Faire expliciter les choix

Avec l’IA, le résultat final dit moins directement comment il a été construit.

Il devient donc utile de faire apparaître certains choix : pourquoi retenir une solution plutôt qu’une autre, quelle information a été vérifiée, quelle proposition de l’IA a été modifiée ou écartée.

L’objectif n’est pas de retracer chaque étape, mais de rendre visible ce qui relève du raisonnement et de la prise de décision.

4. Évaluer le jugement professionnel

Dans de nombreux métiers, la valeur ne réside pas seulement dans la capacité à produire une première réponse, mais aussi dans la capacité à l’évaluer, l’adapter et décider si elle convient à la situation.

Une formation peut donc intégrer des situations dans lesquelles le participant doit :

  • repérer une erreur ou une faiblesse dans une production générée par l’IA ;
  • comparer plusieurs options ;
  • justifier un choix ;
  • expliquer pourquoi une réponse plausible n’est pas adaptée au contexte ;
  • améliorer une proposition générée.

L’évaluation se rapproche alors du travail réel : non seulement produire, mais savoir juger ce qui mérite d’être retenu, modifié ou écarté.

Formation à l’IA en entreprise : maîtriser l’outil ne suffit pas

Pour les responsables RH, Learning & Development et les managers, penser la formation en entreprise avec l’IA dépasse largement le choix d’un outil ou d’une formation technique.

Cette évolution invite à revoir plusieurs dimensions de la politique de développement des compétences.

  • Former à l’outil ne suffit pas.
    La maîtrise de l’IA doit progresser avec l’expertise métier qui permet d’en apprécier les résultats.
  • Les modalités d’évaluation doivent évoluer.
    Lorsque l’IA participe à la production, le livrable final renseigne moins qu’auparavant sur le niveau réel de maîtrise. L’explication des choix, la capacité à vérifier et la prise de décision deviennent plus importantes.
  • Certaines compétences doivent rester disponibles sans assistance.
    Non par nostalgie d’un monde sans IA, mais parce qu’elles constituent précisément les ressources nécessaires pour contrôler et challenger l’outil.
  • L’introduction de l’IA dans une formation doit devenir un choix pédagogique.
    L’utiliser avant une première réflexion, après celle-ci ou au moment de confronter plusieurs solutions ne produit pas le même apprentissage.

La question n’est donc pas : « faut-il utiliser l’IA en formation ? »

Elle est plutôt :

À quel moment l’IA améliore-t-elle l’apprentissage, et à quel moment risque-t-elle de supprimer une étape dont l’apprenant a encore besoin ? »

IA et apprentissage : garder ce qui fait compétence

L’IA nous permet déjà d’aller plus vite. Dans de nombreuses situations professionnelles, ce gain est précieux et il serait absurde de vouloir y renoncer.

Mais la vitesse de production ne peut pas devenir le seul critère.

Certains efforts ne sont probablement plus nécessaires. D’autres jouent encore un rôle essentiel dans la construction d’une compétence : chercher, hésiter, confronter des hypothèses, corriger une erreur, argumenter un choix.

Le défi n’est donc pas d’empêcher l’IA de raccourcir le chemin.

Il est de savoir quelles parties du chemin nous pouvons raccourcir sans supprimer celles qui construisent la capacité à décider.

Pour les entreprises, l’IA transforme profondément la manière de penser la formation. Il ne s’agit plus seulement de transmettre des connaissances ou d’apprendre à utiliser un nouvel outil. Il faut aussi créer des situations dans lesquelles les collaborateurs continuent à raisonner, à vérifier, à décider et à développer leur jugement.

À l’ère de l’IA, former ne consiste donc peut-être plus seulement à aider quelqu’un à mieux faire.

Il faut aussi préserver sa capacité à comprendre, à choisir et à décider pourquoi il le fait.

 

Source image: Deposit Photos


Chaque organisation aborde ces transformations à partir de réalités, de métiers et de besoins différents.

Si vous souhaitez échanger autour de vos enjeux de formation, de compétences ou de l’intégration de l’IA dans vos pratiques, nous serons heureux de poursuivre la conversation avec vous.


Plan de formation 2027 : anticiper les compétences dont votre entreprise aura besoin

Plan de formation 2027 : anticiper les compétences dont votre entreprise aura besoin

· @Swissnova · source image: depositphotos.com

En Suisse, 93 % des actifs qui suivent une formation continue à des fins professionnelles bénéficient d’un soutien de leur employeur, selon l’OFS. Ce niveau élevé montre la place que les entreprises occupent dans le développement des compétences. Mais à l’heure de préparer les plans de formation 2027, le défi change : il ne s’agit plus seulement de former, mais d’anticiper les compétences dont les organisations auront réellement besoin.

Le marché du travail ralentit. L’intelligence artificielle transforme déjà certaines tâches. Les besoins en compétences évoluent rapidement.

Cette évolution intervient alors que les entreprises doivent composer avec des budgets, du temps et des ressources limités.

Pour les responsables RH et formation, une question devient centrale : comment passer d’un catalogue de formations à une véritable stratégie de compétences ?

Des employeurs très engagés dans la formation

La Suisse peut s’appuyer sur un atout important : les entreprises participent largement à la formation continue de leurs équipes.

Selon l’Office fédéral de la statistique, 49,4 % des actifs occupés de 25 à 64 ans ont suivi au moins une formation continue à des fins professionnelles en 2021.

Parmi eux, 93 % ont bénéficié du soutien de leur employeur, sous forme de temps de travail, de financement ou des deux.

Ce chiffre mérite toutefois d’être nuancé. Comme le relève Travail.Suisse, les employeurs ne financent pas toujours entièrement les formations. Les collaborateurs ne les suivent pas non plus systématiquement sur leur temps de travail.

L’accès à la formation reste également inégal.

L’OFS constate notamment des différences liées au taux d’occupation, à la fonction exercée et à la taille de l’entreprise. Les collaborateurs à temps partiel ou moins qualifiés reçoivent généralement moins de soutien.

La taille de l’organisation joue aussi un rôle. Les grandes entreprises disposent plus souvent de structures RH ou L&D. Celles-ci peuvent identifier les besoins, construire des parcours et suivre les résultats.

Pour les petites structures, l’exercice se révèle souvent plus complexe.

C’est précisément là que se situe l’un des enjeux des plans de formation 2027 : faire des choix dans un environnement où les compétences nécessaires évoluent plus vite que les cycles traditionnels de planification.

Anticiper les compétences, un défi particulier pour les PME

La Suisse est un pays de PME. Les petites entreprises constituent l’immense majorité du tissu économique et une part importante de l’emploi.

Elles ne sont pas indifférentes à la formation, bien au contraire.

Les travaux de la Fédération suisse pour la formation continue (FSEA) montrent qu’une grande majorité des PME considèrent la formation continue comme importante pour leur réussite.

Le problème se situe ailleurs : anticiper les compétences dont elles auront besoin reste difficile.

Une analyse de la FSEA souligne que certaines PME ne parviennent pas à former autant qu’elles le souhaiteraient, notamment par manque de temps, de ressources ou d’offres adaptées.

Près de la moitié des entreprises interrogées dans une étude de la fédération indiquaient également avoir besoin de mieux identifier les compétences nécessaires à l’avenir.

Cette difficulté crée un paradoxe.

Avec des ressources limitées, il est logique de privilégier une formation lorsqu’un besoin concret apparaît : un nouvel outil, une évolution réglementaire, un changement de poste ou une difficulté opérationnelle.

Mais une stratégie de formation ne peut pas seulement répondre aux urgences.

Les compétences qui seront nécessaires dans deux ou trois ans doivent être identifiées avant qu’elles ne deviennent critiques.

L’IA n’attend pas les plans de formation

L’intelligence artificielle illustre parfaitement cette difficulté. Elle fait déjà partie du quotidien de nombreuses entreprises suisses.

Selon une enquête UBS publiée en mai 2026, menée auprès d’environ 2 500 entreprises de toutes tailles et de tous secteurs, six entreprises suisses sur dix utilisent aujourd’hui l’IA.

L’adoption est donc largement engagée, même si l’on constate que peu d’entreprises l’utilisent encore de manière systématique.

Du côté des collaborateurs, l’utilisation semble parfois progresser plus vite que son encadrement.

Une étude internationale menée par KPMG et l’Université de Melbourne, relayée en Suisse par ICTjournal, indiquait que 77 % des répondants suisses utilisaient déjà l’IA dans un contexte professionnel.

Moins d’un sur deux avait reçu une formation dédiée, tandis que plus de la moitié reconnaissait avoir utilisé ces outils d’une manière contraire aux règles de leur organisation.

Former à l’IA ne consiste donc plus seulement à faire découvrir un outil : les collaborateurs l’utilisent déjà.

L’enjeu est désormais de leur apprendre à l’utiliser avec discernement.

Quelles données peut-on lui confier ? Comment vérifier un résultat ? Dans quelles situations faut-il conserver une validation humaine ? Quelles tâches peuvent être automatisées et lesquelles nécessitent une expertise professionnelle ?

Une autre question se pose : comment éviter qu’un gain de temps immédiat n’entraîne progressivement une perte de compétences ?

La formation à l’IA devient ainsi autant une question de jugement professionnel et de pratiques métier qu’une question de maîtrise technique.

Un cadre qui évolue également

Les entreprises doivent également suivre l’évolution du cadre réglementaire.

La Suisse ne dispose pas aujourd’hui d’une législation transversale spécifique à l’intelligence artificielle.

Cela ne signifie pas pour autant que son utilisation se déroule dans un vide juridique : les entreprises doivent déjà respecter les lois existantes, notamment en matière de protection des données.

Le calendrier réglementaire suisse vient par ailleurs d’évoluer.

Selon une communication de la Confédération du 23 septembre 2026, un projet destiné à la consultation doit désormais être élaboré au printemps 2027.

Le texte abordera notamment les questions de transparence, de protection des données, de non-discrimination et de surveillance.

Certaines entreprises suisses peuvent aussi entrer dans le champ d’application du règlement européen sur l’IA. C’est notamment le cas lorsqu’elles commercialisent des systèmes ou modèles d’IA dans l’Union européenne, ou lorsque les résultats de ces systèmes y sont utilisés.

Pour la formation en entreprise, la conséquence est concrète : les collaborateurs doivent comprendre non seulement comment utiliser l’IA, mais également dans quelles limites.

Quand les tâches changent, comment apprend-on encore un métier ?

Une autre évolution mérite l’attention des responsables formation.

Le rapport IA 2026 de jobs.ch s’appuie sur l’analyse de 7,3 millions d’offres d’emploi publiées sur jobs.ch, jobup.ch et JobScout24.ch. Il observe notamment qu’en 2025, la part des postes d’entrée a reculé de 32 % par rapport à la moyenne 2019-2022.

Le phénomène est particulièrement visible dans certains métiers exposés à l’IA, notamment l’IT, le marketing, la finance, l’administration, les achats ou la vente.

Ces chiffres ne permettent pas d’attribuer cette évolution à l’IA seule. Ils soulèvent néanmoins une question importante pour les entreprises.

L’IA peut désormais assister certaines tâches autrefois confiées aux profils juniors. Cela concerne par exemple la recherche, la première analyse, la production de documents simples, certaines tâches administratives ou la préparation de contenus.

Si certaines tâches qui permettaient autrefois d’apprendre un métier disparaissent ou se transforment, comment construit-on l’expertise de demain ?

La transmission des savoirs, le tutorat et l’apprentissage en situation de travail pourraient ainsi prendre davantage de place. La progression des profils juniors devient, elle aussi, un enjeu de formation.

Faire évoluer les compétences face aux transformations du marché

Dans un contexte économique plus incertain, les entreprises suisses doivent composer avec plusieurs transformations simultanées : évolution des métiers, diffusion de l’IA, nouvelles attentes des clients et tensions sur certaines compétences.

Le recrutement, la mobilité interne et la formation répondent chacun à une partie de ces besoins.

Leur articulation devient d’autant plus importante que certaines compétences évoluent rapidement et que les profils recherchés ne sont pas toujours immédiatement disponibles sur le marché.

Pour les plans de formation, l’enjeu se situe donc moins dans le volume d’actions proposées que dans leur lien avec les compétences dont l’organisation aura besoin à moyen terme.

Quelles compétences sont déjà présentes dans les équipes ? Lesquelles devront être renforcées ? Lesquelles devront être acquises ou intégrées par de nouveaux profils ?

Dans cette perspective, la formation s’inscrit dans une stratégie plus large de développement des compétences, aux côtés du recrutement et de la mobilité professionnelle.

Quatre leviers pour rendre la formation plus stratégique

1. Partir des besoins, pas du catalogue

Lorsque les besoins évoluent rapidement, le point de départ ne peut pas être l’offre de cours disponible.

Il faut d’abord identifier les transformations du travail : évolution des métiers, nouvelles technologies, changements réglementaires, besoins des clients ou difficultés de recrutement.

Les nouvelles responsabilités confiées aux équipes entrent également en ligne de compte.

Relier chaque action de formation à une compétence attendue permet ensuite de clarifier son objectif. Relier cette compétence à un enjeu concret de l’entreprise permet d’aller plus loin.

La formation quitte alors une logique de consommation de cours pour s’inscrire dans une stratégie de développement des compétences.

La FSEA rappelle d’ailleurs que la qualité du diagnostic initial joue un rôle important dans l’efficacité d’une action de formation.

2. Ne pas former uniquement ceux qui se forment déjà

Les données de l’OFS montrent que tous les collaborateurs ne bénéficient pas du même accès à la formation continue.

Les personnes moins qualifiées, les collaborateurs à temps partiel ou certains profils opérationnels peuvent plus facilement rester en dehors des dispositifs.

Dans une logique de compétences, leur qualification actuelle ne constitue pourtant qu’une partie de l’équation. Leur potentiel de développement compte aussi.

Identifier les personnes qui peuvent évoluer permet d’élargir le vivier de compétences internes. Encore faut-il leur donner du temps pour apprendre et proposer des formats compatibles avec les contraintes du poste.

3. Former à partir du travail réel

L’IA en donne un bon exemple : une formation centrée sur un outil générique ne suffit pas toujours.

Elle devient plus pertinente lorsqu’elle part des situations que les collaborateurs rencontrent réellement.

Rédiger un rapport. Analyser une donnée. Préparer une présentation. Répondre à un client. Organiser un projet. Prendre une décision.

Cette approche permet aussi de travailler sur les limites de l’outil. Elle ouvre la discussion sur la protection des données, la vérification des résultats et le rôle du jugement humain.

Elle rapproche ainsi la formation du travail réel.

4. Mesurer ce qui change après la formation

Un questionnaire de satisfaction permet de savoir si les participants ont apprécié une formation.

Il ne permet pas de savoir si elle a changé leur manière de travailler.

Lors d’une journée consacrée à l’efficacité de la formation continue, la FSEA a notamment souligné l’importance du transfert des acquis dans la pratique.

La question devient alors très concrète :

Qu’est-ce que les collaborateurs font différemment trois semaines, trois mois ou six mois après la formation ?

Selon les objectifs, plusieurs indicateurs peuvent apporter une réponse : davantage d’autonomie, moins d’erreurs, un gain de temps ou une évolution des pratiques managériales.

On peut aussi observer une utilisation plus sûre de l’IA ou une meilleure capacité à résoudre certaines situations.

Ces éléments rendent également la valeur de la formation plus visible auprès de la direction.

De la formation à une stratégie de compétences

Le modèle suisse possède une force réelle : les entreprises investissent largement dans la formation continue de leurs collaborateurs.

Le défi des prochaines années ne sera probablement pas simplement de former davantage.

Il sera de former au bon moment, les bonnes personnes et sur les compétences qui auront réellement un impact sur le travail.

À l’heure de préparer les plans de formation 2027, quatre questions peuvent donc servir de point de départ :

  • Quelles compétences notre entreprise devra-t-elle maîtriser dans trois ans ?
  • Quels collaborateurs pourraient être davantage accompagnés pour les développer ?
  • Quels sont aujourd’hui les usages réels de l’IA dans nos équipes ?
  • Et comment saurons-nous qu’une formation a réellement changé quelque chose sur le terrain ?

Les réponses à ces questions dessinent bien plus qu’un catalogue de cours.

Elles commencent à dessiner une stratégie de compétences.

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Chaque organisation aborde ces questions à partir de réalités différentes.

Si vous souhaitez confronter vos réflexions, partager vos enjeux de formation ou échanger autour de votre plan 2027, nous serons heureux de poursuivre la conversation avec vous.

 

Prévention du burn-out en entreprise : le rôle du manager

Prévention du burn-out en entreprise : le rôle du manager

Le burn-out donne rarement lieu à un signal d’alarme unique. Avant l’arrêt de travail ou l’épuisement manifeste, quelque chose change souvent progressivement : le rapport au travail, le rythme, la concentration, les interactions avec l’équipe ou la capacité à récupérer.

Ces évolutions peuvent avoir de nombreuses causes et ne constituent pas un diagnostic. Mais lorsqu’elles s’installent ou se cumulent, elles méritent l’attention.

Pour un manager, la prévention du burn-out en entreprise ne consiste donc pas à apprendre à poser un diagnostic. Elle commence par la capacité à repérer un changement, ouvrir une conversation et agir sur ce qui relève de l’organisation du travail.

Le burn-out ne surgit pas, il s’installe

L’Organisation mondiale de la santé décrit le burn-out comme un phénomène lié au travail, résultant d’un stress chronique qui n’a pas été géré. Elle le caractérise par trois dimensions : un sentiment d’épuisement, une distance mentale accrue vis-à-vis de son travail, et une efficacité professionnelle réduite.

Le mot important est « chronique ».

Le burn-out résulte généralement d’un processus qui s’installe dans la durée.

Il apparaît lorsque les exigences professionnelles et les ressources permettant d’y faire face restent durablement déséquilibrées. C’est précisément ce déséquilibre que mesure, en Suisse, le Job-Stress-Index de Promotion Santé Suisse.

Le Job-Stress-Index

L’indicateur ne mesure pas le burn-out. Il met en regard les contraintes du travail et les ressources disponibles pour y faire face.

Parmi les contraintes figurent notamment la pression temporelle, les problèmes d’organisation, l’incertitude ou les tensions sociales. Les ressources comprennent, entre autres, la marge de manœuvre, le soutien du supérieur et la reconnaissance.

Pour les entreprises, cette approche est particulièrement intéressante. Elle déplace le regard de la seule fragilité individuelle vers les conditions dans lesquelles le travail est réalisé.

Repérer un changement, sans poser un diagnostic

Un manager n’est ni médecin ni psychologue. Il n’a pas à poser de diagnostic. En revanche, il est la personne la mieux placée pour remarquer un changement. Car le signal faible n’est jamais un comportement en soi. C’est un écart par rapport à ce que la personne faisait avant.

En pratique, les changements observables se regroupent en quatre familles.

  • Le fonctionnement au travail:
    Organisation, concentration, difficulté à prioriser, erreurs inhabituelles, baisse de capacité à terminer les tâches.
  • Le rythme et la récupération:
    Allongement des journées, difficultés à déconnecter, disparition des pauses, retards ou absences inhabituels.
  • Les relations et l’engagement:
    Retrait, moindre participation, irritabilité, perte d’initiative, détachement ou cynisme inhabituel.
  • Le discours et la perception du travail:
    Sentiment de ne plus y arriver, perte de sens, discours très négatif sur son efficacité ou son travail.

Ces manifestations ne sont ni spécifiques au burn-out ni suffisantes pour conclure à un problème de santé. C’est leur évolution, leur répétition et leur contraste avec le fonctionnement habituel de la personne qui doivent attirer l’attention.

Le SECO a publié un dépliant consacré à la détection précoce de l’épuisement, à l’intention des employeurs. Sa logique rejoint ce qui précède : plus le signal est repéré tôt, plus la réponse peut rester simple.

Deux pièges guettent le manager à ce stade. Le premier consiste à minimiser : « c’est une période, ça va passer ». Le second consiste à sur-interpréter et à coller une étiquette. Entre les deux, il existe une posture plus juste : nommer ce qui a été observé, factuellement, et poser une question ouverte.

À éviter : minimiser ou diagnostiquer.
À faire : observer, nommer, questionner.

Que peut réellement faire un manager  ?

Le cadre légal suisse est clair. L’article 6 de la Loi sur le travail oblige l’employeur à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé physique et psychique des travailleurs. Le manager de proximité est, dans les faits, le premier relais de cette obligation. Trois leviers relèvent directement de lui.

1. Ouvrir la conversation

La première intervention du manager peut être très simple : créer un moment en tête-à-tête et nommer ce qu’il a observé : « J’ai remarqué que tu envoies des e-mails tard le soir depuis trois semaines. » Puis il demande : « Comment ça se passe pour toi en ce moment ? » Il n’affirme rien sur l’état de la personne. Il ne propose pas de solution avant d’avoir écouté. Cette conversation est difficile à mener. Elle demande d’accepter le silence, de ne pas se justifier, et de résister à l’envie de rassurer trop vite.

2. Agir sur le travail

Le Job-Stress-Index identifie parmi les principales contraintes la pression temporelle et les problèmes d’organisation. Parmi les principales ressources : la marge de manœuvre et la reconnaissance. Un manager agit sur ces quatre variables chaque semaine, souvent sans s’en rendre compte.

i.Clarifier les priorités quand tout semble urgent.
ii.Retirer une tâche plutôt que d’en ajouter une.
iii. Dire ce qui a été bien fait.

Ces gestes ne sont pas des « mesures bien-être ». Ce sont des décisions d’organisation du travail.

3. Passer de relais

Le manager repère et ouvre la discussion. Il n’accompagne pas seul. Selon la situation, le relais peut être les ressources humaines, le médecin du personnel, un service de conseil externe ou le médecin traitant de la personne. Savoir à qui transmettre, et le dire clairement au collaborateur, fait partie du rôle.

En quoi la formation aide-t-elle ?

Le rôle attendu du manager est exigeant : observer sans diagnostiquer, ouvrir une conversation sensible, puis décider quand agir sur l’organisation et quand passer le relais. Ces compétences peuvent s’apprendre et surtout s’entraîner.

Le communiqué de Gallup accompagnant son rapport 2025 relève que la plupart des managers déclarent n’avoir reçu aucune formation à leur rôle. Chez ceux qui en ont reçu une, le désengagement actif est réduit de moitié. Les participants à des formations centrées sur les pratiques managériales affichent jusqu’à 22 % d’engagement supplémentaire, et leurs équipes en bénéficient.

En Suisse, le projet SWiNG de Promotion Santé Suisse a évalué des mesures de prévention du stress dans huit entreprises pilotes. Les résultats montrent une amélioration significative de la santé et de la performance chez en moyenne 25 % des collaborateurs, avec un retour sur investissement au plus tard cinq ans après le début du projet.

Ce que la formation apporte concrètement à un manager tient en trois points. D’abord, un cadre pour distinguer une baisse de forme passagère d’un signal qui mérite attention. Ensuite, un entraînement à la conversation difficile, en situation, avec du feedback : c’est là que se joue la différence entre savoir et savoir faire. Enfin, la clarté sur les limites de son rôle, pour ne pas porter seul ce qui relève d’autres acteurs.

Ce qu’il faut retenir ?

La prévention du burn-out ne repose pas uniquement sur des dispositifs RH ou des programmes de bien-être. Elle se joue aussi dans le travail quotidien : la manière dont la charge est distribuée, dont les priorités sont arbitrées et dont les changements sont repérés.

Le rôle du manager n’est pas de diagnostiquer. Il est de voir qu’une situation change, d’ouvrir la discussion et d’agir sur ce qui relève de son champ de responsabilité.

Reste une question que les entreprises ne peuvent pas éviter. Si les managers sont le premier maillon de la prévention, et s’ils sont eux-mêmes les plus touchés par le désengagement, qui veille sur ceux qui veillent ?

Vous voulez outiller vos managers sur ce sujet ?
Swissnova propose une formation Communication difficile – stress et tensions, construite autour de mises en situation réelles. Les entretiens délicats font aussi partie du programme Les Fondamentaux du Management, qui démarre à Genève le 22 septembre 2026.
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Comment apprend-on vraiment en entreprise ?

Comment apprend-on vraiment en entreprise ?

Expérience, mise en pratique, feedback : ce que la recherche nous apprend sur la formation des adultes au travail

☀️ L’été pour apprendre autrement, dernier épisode 4/4

Formation en entreprise : comment apprend-on vraiment ? La réponse ne tient ni dans une méthode miracle, ni dans une opposition entre salle de formation et apprentissage sur le terrain. Un adulte arrive en formation avec une expérience, des habitudes, des connaissances et une manière déjà construite de faire son travail.

Pour qu’une formation en entreprise produise réellement de l’apprentissage, transmettre du contenu ne suffit donc pas. Il faut aussi permettre aux participants de relier les apports à leur expérience, d’en comprendre l’utilité, d’essayer, d’échanger, de recevoir du feedback et, ensuite, d’utiliser ces acquis dans leur travail.

L’expérience : le point de départ de l’apprentissage

Un adulte n’arrive jamais en formation avec une page blanche. Prenons un manager qui participe à une formation sur le feedback. Il arrive avec plusieurs années de conversations difficiles, de réussites, d’erreurs et quelques habitudes bien installées.

Ce qu’il découvre ne vient donc pas simplement s’ajouter à ce qu’il sait déjà. Il va comparer, interpréter et parfois remettre en question ce qui lui est proposé.

L’expérience peut aider à apprendre, mais elle peut aussi résister au changement. Un collaborateur expérimenté dispose de nombreux repères, mais aussi d’automatismes qui ont parfois fonctionné pendant des années. Apprendre peut alors demander d’acquérir quelque chose de nouveau, mais aussi de revoir une manière de faire devenue familière.

Dans Apprendre au travail, ouvrage dirigé par Étienne Bourgeois et Marc Durand, plusieurs chercheurs montrent que l’activité professionnelle peut devenir une source d’apprentissage à condition de pouvoir faire des liens avec des situations vécues, essayer, échanger, recevoir du feedback et prendre du recul sur son expérience.

Autrement dit, l’expérience seule ne suffit pas. Ce qui compte, c’est ce que la personne peut en faire.

Pour apprendre, il faut comprendre à quoi cela va servir

Dans un contexte professionnel, une question revient souvent :

« À quoi cela va me servir dans mon travail ? »

Les chiffres suisses confirment que cette question n’est pas anecdotique. Interrogés par l’Office fédéral de la statistique sur les raisons de suivre une formation continue professionnelle, les participants citent avant tout le fait d’être plus efficaces dans leur travail. Viennent ensuite l’intérêt personnel pour le sujet, puis les adaptations organisationnelles ou technologiques, et la participation obligatoire. L’amélioration des perspectives de carrière n’arrive qu’en cinquième position.

Autrement dit, les adultes qui se forment cherchent d’abord un effet sur leur activité quotidienne, pas un titre ni une promotion.

Cela ne signifie pas que chaque apprentissage doit produire un résultat dès le lendemain. Apprendre à mieux manager, conduire un changement ou gérer un conflit demande du temps.

En revanche, le participant doit pouvoir comprendre le lien entre ce qui lui est proposé et les situations auxquelles il est réellement confronté.

On apprend aussi en faisant

Une grande partie des apprentissages professionnels se construit dans l’activité. Mais le travail n’est pas formateur par nature.

Le chercheur Stephen Billett montre que l’apprentissage au travail dépend de deux éléments qui fonctionnent ensemble : les possibilités d’apprendre offertes par l’environnement professionnel et la manière dont la personne s’en saisit.

Une entreprise peut offrir une nouvelle mission, la possibilité d’observer un collègue ou de recevoir du feedback. De son côté, le collaborateur doit pouvoir et vouloir s’engager dans ces occasions.

Confier une mission difficile peut donc faire progresser. À l’inverse, cela peut simplement mettre quelqu’un en difficulté.

Ce qui fait la différence ? La possibilité d’obtenir de l’aide, de poser des questions, d’observer et de revenir sur ce qui s’est passé.

70-20-10 : utile comme repère, pas comme règle

Le modèle 70-20-10 rappelle une idée simple : on n’apprend pas seulement en salle. On apprend aussi en travaillant et en échangeant avec les autres.

En revanche, rien ne permet d’affirmer avec certitude que 70 % de l’apprentissage vient de l’expérience, 20 % des échanges et 10 % de la formation formelle.

Alan Clardy, dans une analyse publiée dans Human Resource Development Review, montre que les recherches disponibles ne suffisent pas à confirmer solidement ces proportions.

La vraie question n’est donc pas de chercher la bonne répartition, mais de comprendre comment formation, expérience, échanges et mise en pratique se complètent.

Apprendre suppose de pouvoir essayer… et parfois se tromper

Apprendre signifie faire quelque chose que l’on ne maîtrise pas encore parfaitement. Il faut donc essayer. Et parfois se tromper.

Or l’entreprise demande en même temps efficacité, fiabilité et performance. Cette tension est particulièrement visible dans les formations comportementales.

Un manager peut comprendre comment conduire une conversation difficile pendant une formation. La première fois qu’il changera sa manière de faire, tout ne se déroulera pourtant pas forcément comme prévu. Pour progresser, il devra pouvoir tester, observer, ajuster et recommencer.

C’est ici qu’intervient la sécurité psychologique.

Amy Edmondson, professeure à Harvard Business School, a montré dans une étude devenue une référence qu’elle est liée aux comportements favorables à l’apprentissage dans les équipes.

Concrètement, il s’agit de pouvoir poser une question, demander de l’aide, signaler une erreur ou proposer une autre manière de faire sans craindre d’être immédiatement dévalorisé.

La sécurité psychologique ne signifie ni absence d’exigence, ni droit de tout faire sans conséquence. Elle reconnaît simplement une réalité :

Pour apprendre, il faut parfois pouvoir montrer que l’on ne sait pas encore.

Cecilia Mornata, chercheuse et chargée d’enseignement  à l’Université de Genève, applique cette question directement à l’apprentissage au travail. Elle souligne une contradiction très concrète : apprendre implique des tâtonnements et des erreurs, alors que le travail exige en même temps efficacité et fiabilité.

Une organisation peut donc investir dans le leadership ou la communication. Mais si les collaborateurs n’osent pas tester une nouvelle pratique ou reconnaître une difficulté, une partie de l’apprentissage risque de rester théorique.

On apprend rarement seul

L’apprentissage professionnel est aussi une affaire d’interactions.

Un collègue expérimenté peut montrer comment il s’y prend. Un formateur peut apporter une méthode et aider à prendre du recul. Un manager peut créer une occasion d’essayer quelque chose de nouveau puis revenir sur l’expérience.

Son rôle n’est pas de devenir formateur. Il peut simplement demander : qu’as-tu retenu ? Qu’aimerais-tu essayer ? Dans quelle situation ? Qu’est-ce qui s’est passé lorsque tu l’as testé ?

Ces échanges créent un pont entre formation et travail réel.

Pour les soft skills, apprendre ne suffit pas

Apprendre à utiliser une nouvelle fonction informatique n’est pas la même chose qu’apprendre à conduire un entretien difficile.

Dans le premier cas, on peut souvent suivre une procédure assez précise. Dans le second, il faut écouter, interpréter, choisir ses mots, observer la réaction de l’autre et s’adapter.

Brian Blume, J. Kevin Ford, Timothy Baldwin et Jason Huang ont regroupé les résultats de 89 études sur le transfert des apprentissages dans une analyse publiée dans le Journal of Management.

Leurs travaux montrent que plusieurs éléments comptent : ce qui se passe pendant la formation, bien sûr, mais aussi la motivation de la personne, le soutien de son environnement de travail et la nature de la compétence.

Certaines compétences sont assez cadrées. D’autres, comme le leadership, la communication ou la négociation, demandent davantage d’adaptation.

Pour ces compétences, connaître une méthode ne suffit donc pas. Il faut pouvoir l’essayer, observer ce qui se passe, recevoir du feedback et ajuster sa pratique.

Plus une compétence dépend du contexte, plus l’apprentissage doit rester connecté au travail réel.

Avoir l’occasion de mettre en pratique

Prenons un participant qui vient de suivre une formation à la conduite d’entretien. Il repart motivé, avec de nouveaux repères. Mais si aucun entretien n’est prévu pendant plusieurs mois, la nouvelle compétence risque de rester théorique.

Une question simple peut donc être posée avant même la fin de la formation :

« Quand pourrez-vous utiliser cela pour la première fois ? »

L’enjeu n’est pas de tout réussir immédiatement. Il est de créer une première occasion d’essayer, puis de revenir sur l’expérience : qu’est-ce qui a fonctionné ? Qu’est-ce qui doit être ajusté ?

La formation ne s’arrête donc pas à la dernière heure du programme. Elle se prolonge dans les situations où la personne peut tester et consolider ce qu’elle a appris.

Cinq questions avant de choisir un programme de formation

Pour les responsables RH et formation, cinq questions permettent déjà de regarder un dispositif autrement.

1. À quelle situation de travail la formation répond-elle ?

Un besoin comme « améliorer le leadership » devient plus utile lorsqu’il est relié à une situation précise : mieux déléguer, donner du feedback ou accompagner un changement.

2. Que savent et font déjà les participants ?

Leur expérience est une ressource, mais elle peut aussi contenir des automatismes à questionner.

3. Que pourront-ils essayer pendant la formation ?

Une mise en situation ou un cas réel permet de confronter immédiatement les nouveaux repères à la réalité.

4. Où pourront-ils l’appliquer ensuite ?

Une compétence a besoin d’occasions pour s’installer dans la pratique.

5. Quel feedback pourront-ils recevoir ?

Le retour d’un formateur, d’un pair ou d’un manager aide à comprendre ce qui fonctionne et ce qui doit être ajusté.

En Suisse, les entreprises ont un rôle central

Cette réflexion prend une importance particulière en Suisse, où les employeurs jouent déjà un rôle majeur dans la formation continue.

Selon l’Office fédéral de la statistique, en 2021, 54,4 % des personnes en emploi âgées de 25 à 64 ans avaient participé à au moins une formation continue. Parmi celles ayant suivi une formation dans un but professionnel, 93 % avaient bénéficié du soutien de leur employeur. Les entreprises soutenaient également près de 80 % du volume total d’heures consacrées à ces formations.

Ces données datent de 2021 et doivent être replacées dans le contexte particulier de cette période (Covid19). Elles montrent néanmoins que le rôle de l’entreprise dépasse le financement d’un programme ou le choix d’un prestataire.

L’entreprise crée aussi une partie des conditions dans lesquelles l’apprentissage pourra, ou non, continuer.

Alors, comment apprend-on vraiment en entreprise ?

Pas uniquement en écoutant un formateur, ni simplement en accumulant de l’expérience.

L’apprentissage se construit lorsque de nouvelles idées rencontrent ce que l’on sait déjà, lorsqu’on comprend leur utilité, que l’on peut les tester, échanger, recevoir du feedback et revenir sur sa manière de faire.

Pour les responsables RH et formation, cela change la perspective : concevoir une formation ne consiste pas seulement à choisir ce que l’on va transmettre. Il s’agit aussi de créer les conditions pour que les personnes puissent réellement apprendre, puis faire évoluer leur pratique.

Vous voulez développer ces compétences dans votre équipe?

Chez Swissnova, les formations partent de l’expérience des participants et de situations professionnelles concrètes. Le programme Les Fondamentaux du Management se déroule sur quatre journées réparties sur quatre mois, et chaque journée se termine par un engagement de transfert dans le quotidien de l’équipe.

Découvrir la formation – Genève, dès le 22 septembre 2026

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Compétences techniques et intelligence artificielle

Compétences techniques et intelligence artificielle

☀️ L’été pour apprendre autrement, épisode 3 sur 4

En un an, la part des PME suisses utilisant l’intelligence artificielle dans leurs processus est passée de 22 % à 34 %. Un tiers de celles qui l’ont adoptée constatent déjà une évolution des compétences qu’elles recherchent.

Cette adoption soulève une question encore peu explorée. Quand un outil produit une partie du travail, comment se maintiennent les compétences qui permettent de vérifier ce qu’il produit ? Plusieurs travaux de recherche commencent à s’y intéresser.

Le précédent article de cette série apportait un résultat qui surprend souvent.

La montée des compétences transversales dans les offres d’emploi suisses a commencé avant l’IA générative. Elle progresse au même rythme, que le métier soit très exposé à l’IA ou peu exposé.

L’IA n’explique donc pas cette bascule. Reste encore une question fondamentale. Une fois l’IA installée dans le quotidien d’une équipe, que se passe-t-il pour les compétences techniques de ses membres ?

Deux études, deux méthodes

Deux travaux récents apportent des éléments de réponse, avec des approches très différentes.

Le premier vient de Microsoft Research et de Carnegie Mellon. Les chercheurs ont interrogé 319 professionnels sur leur usage réel de l’IA générative, à partir de 936 exemples concrets de tâches. Leur étude a été présentée à la conférence CHI 2025.

Le résultat principal ne porte pas sur la quantité de travail produite. Il porte sur sa nature. Les participants décrivent un glissement de leur activité. La recherche d’information cède la place à la vérification. La résolution de problème cède la place à l’intégration d’une réponse déjà rédigée. L’exécution cède la place à la supervision.

Autrement dit, la tâche ne disparaît pas. Elle change de forme. Or vérifier et produire ne mobilisent pas les mêmes réflexes, et ne s’entretiennent pas de la même façon.

Plus la confiance dans l’outil est élevée, moins l’esprit critique s’exerce. À l’inverse, plus la personne a confiance dans sa propre expertise, plus elle exerce son jugement sur la production de l’outil.

Ce résultat a une implication directe pour les équipes. La capacité à repérer une erreur ne vient pas de la maîtrise de l’outil. Elle vient de l’expertise métier acquise avant l’outil. Un collaborateur expérimenté repère l’erreur. Un collaborateur en début de parcours a plus de mal à la voir.

Le second travail vient du MIT Media Lab. Les chercheurs ont suivi 54 personnes en train de rédiger, réparties en trois groupes : un groupe utilisant un assistant IA, un groupe utilisant un moteur de recherche, et un groupe travaillant sans aide. Mesurée par électroencéphalographie, l’étude de Kosmyna et ses collègues observe l’activité cérébrale la plus faible chez le groupe assisté par IA, et la plus forte chez le groupe sans aide.

Cette étude a suscité un débat scientifique. Un commentaire publié début 2026 souligne la petite taille de l’échantillon et appelle à interpréter les résultats avec prudence. Les deux travaux convergent néanmoins sur un point, celui du lien entre pratique régulière et maintien de la capacité à évaluer un résultat.

Un point pratique en découle. Si la pratique entretient la capacité d’évaluation, la question devient celle des conditions dans lesquelles cette pratique se maintient au sein d’une équipe. C’est le terrain de la formation, et celui des choix d’organisation du travail.

Nous avions décrit ce mécanisme sous le nom de Skill Erosion, aux côtés du Shadow AI et de l’AI Washing (revoir notre article du 30 avril 2026) . Les travaux publiés depuis lui donnent progressivement une base empirique.

Trois arguments qui circulent en entreprise

Trois arguments reviennent régulièrement quand ce sujet est abordé. Chacun repose sur un raisonnement solide, et chacun laisse une question ouverte.

Le premier rapproche l’IA des technologies précédentes.

On s’y habitue, comme à la feuille de calcul en son temps. La comparaison tient pour une partie des usages. Elle porte cependant sur des objets différents : la feuille de calcul exécutait une opération demandée, tandis que l’IA générative propose une réponse à une question. Reste à savoir si cette distinction produit des effets mesurables sur la pratique professionnelle. Les travaux cités plus haut apportent de premiers éléments.

Le deuxième s’appuie sur l’expertise déjà présente dans l’entreprise.

Les collaborateurs expérimentés savent vérifier ce que produit un outil, et les données disponibles vont dans ce sens. La question se pose différemment pour ceux qui démarrent leur carrière avec l’IA déjà installée. Sur quelles tâches construiront-ils l’expertise qui permet ensuite de vérifier ?

Le troisième consiste à observer avant d’agir.

C’est une position défendable, d’autant que la recherche sur le sujet est récente et encore débattue. Elle suppose toutefois de disposer d’indicateurs. Or la production et les délais restent stables dans les cas décrits par les études. Reste donc à définir à quoi une entreprise reconnaîtrait le phénomène si elle décidait de le suivre.

Ce que les entreprises suisses observent déjà

Les données suisses précisent l’ampleur du mouvement. Selon l’étude d’AXA sur le marché de l’emploi des PME, menée par l’institut Sotomo auprès de 300 entreprises romandes et alémaniques, la progression de 22 % à 34 % citée en ouverture s’accompagne d’un second constat.

Un tiers des PME qui utilisent l’IA indiquent que ces outils modifient le profil recherché chez leurs collaborateurs. Selon Michael Hermann, directeur de l’institut Sotomo, elles cherchent désormais des profils à l’aise avec la technologie, et prêts à se former en continu.

Ces deux exigences ne se construisent pas de la même façon.

Une compétence technologique s’enseigne en un module. La disposition à se former en continu se construit dans la durée, à travers les habitudes d’équipe et les priorités posées par le management. Le sujet relève donc autant du management que de la formation.

Pour situer le contexte suisse, l’OFS mesure qu’en 2021, dernière année où l’enquête approfondie a été menée, près de la moitié des personnes actives suivaient une formation continue à visée professionnelle, et que 93 % d’entre elles étaient soutenues par leur employeur. La culture de la formation est donc largement installée.

Sur l’IA en particulier, les pratiques restent en construction. Une enquête de Deloitte Suisse, menée à l’automne 2025 auprès de 99 dirigeants, indique que la formation à l’IA reste volontaire dans 55 % des organisations, et obligatoire dans 24 %. L’échantillon est modeste, et le résultat rejoint les autres données disponibles.

Construire son plan de formation

Trois questions concrètes se posent avant d’arbitrer un budget de rentrée.

Quelle part du budget pour l’outil, quelle part pour le discernement ?

Une formation à la prise en main d’un assistant répond à un besoin immédiat. Sa durée de vie reste courte, puisqu’elle suit le rythme des mises à jour. Une formation qui apprend à évaluer une réponse, à repérer ce qui manque, à savoir quand ne pas s’y fier, s’applique en revanche à n’importe quel outil. Les deux répondent à des besoins distincts, sur des horizons de temps différents. Reste à déterminer la répartition qui convient à votre organisation.

Qui vérifie, et sur quelle base ?

Pour chaque processus où l’IA intervient, une question suffit. Qui, dans l’équipe, est aujourd’hui capable de repérer une erreur dans ce que produit l’outil ? Si cette personne existe mais n’est pas celle qui valide le résultat final, un ajustement du processus répond au besoin. Si personne ne peut le faire, la question devient celle d’une montée en compétence ciblée.

Que faut-il continuer à faire soi-même ?

Listez les tâches que votre équipe réalisait elle-même il y a deux ans, et qu’elle confie aujourd’hui à un outil. Pour chacune, demandez-vous si la perte de pratique est acceptable. Traduire une lettre standard, sans doute. Construire une argumentation pour un client, la réponse mérite d’être débattue en équipe. L’exercice compte moins pour sa réponse que pour le fait de transformer une évolution subie en choix assumé.

Un dernier point concerne les profils juniors. Puisque vérifier suppose de l’expertise, les collaborateurs en début de carrière profitent le plus de l’outil aujourd’hui, et disposent du moins d’expérience pour l’évaluer. Distinguer les niveaux dans un plan de formation répond directement à cet écart.

Entretenir, pas remplacer

L’IA ne supprime pas la compétence technique. Elle change la façon de l’entretenir.

La recherche disponible converge sur un point. L’usage d’outils génératifs déplace l’effort de l’exécution vers le contrôle. Et la qualité de ce contrôle dépend de l’expertise que la personne avait avant d’utiliser l’outil.

Les entreprises suisses le constatent déjà, puisqu’un tiers de celles qui ont adopté l’IA voient leurs besoins en compétences évoluer. La question qui se pose aux responsables formation de Genève, de Vaud et de toute la Suisse romande est donc celle de la répartition de leur investissement, entre la maîtrise des outils et la capacité de jugement qui permet de les utiliser.

Reste une dernière question, celle du prochain épisode. Si la compétence se maintient par la pratique autant que par la formation, comment les adultes apprennent-ils vraiment ?


Dans notre série ☀️ L’été pour apprendre autrement :

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Le diplôme recule, les compétences prennent le relais

Le diplôme recule, les compétences prennent le relais

☀️ L’été pour apprendre autrement — Épisode 2/4

La semaine dernière, nous nous intéressions aux soft skills les plus demandées selon les postes. Cette semaine, nous nous penchons donc sur la Suisse. Une étude publiée en avril 2026 documente en effet ce constat à une échelle inédite.

Adecco Group Suisse et l’Université de Zurich ont analysé plus d’un million d’offres d’emploi. Ces annonces ont été publiées en Suisse entre 2015 et 2026. Leur constat est net : la part des compétences transversales progresse dans les annonces. Les exigences de diplôme, elles, reculent.

1 million d’offres d’emploi, une seule tendance

L’étude s’appelle le Swiss Job Market Index. Elle est pilotée par Adecco Group Switzerland avec le Stellenmarkt-Monitor Schweiz de l’Université de Zurich. Les chercheurs ont d’abord utilisé le traitement automatique du langage pour identifier les exigences mentionnées dans chaque annonce. Ils les ont ensuite classées selon la nomenclature européenne ESCO. Quatre familles ressortent : les diplômes et connaissances, les compétences spécifiques au métier, les compétences transversales, et les langues.

C’est l’une des bases de données les plus complètes sur le marché du travail suisse, avec un historique continu de onze ans.

Le diplôme recule, l’autonomie progresse

La part des compétences transversales a progressé depuis 2022. Elle est passée d’un peu moins de 60 % à plus de 63 % dans les offres d’emploi suisses. Dans le même temps, les exigences de diplôme formel reculent. Elles représentaient environ 25 % des annonces en 2015, contre moins de 23 % en 2026. Les compétences spécifiques au métier, elles, restent stables sur toute la période, entre 13 % et 15 %.

Évolution des parts de compétences transversales, professionnelles et de connaissances dans les offres d'emploi suisses, 2015-2026
Source : Adecco Group / Université de Zurich — Swiss Job Market Index T1 2026

« Les employeurs n’exigent donc pas globalement plus ou moins de compétences, mais des compétences d’un autre ordre : moins d’exigences en matière de connaissances et de formation formelles, mais davantage de compétences transversales et transférables », résume Marcel Keller, Country President d’Adecco Group Switzerland.

Ce que montrent les données par catégorie

Trois familles de compétences transversales dominent ainsi les annonces suisses analysées entre 2015 et 2026. La première est l’autonomie : proactivité, esprit d’initiative, capacité à travailler seul. La deuxième regroupe les compétences sociales et communicatives, comme le travail en équipe ou le networking. La troisième concerne enfin les compétences cognitives, à savoir la pensée analytique et la résolution de problèmes. La volonté d’apprendre et la capacité d’adaptation ressortent également parmi les items les plus fréquents.

Sous-catégories des aptitudes et compétences transversales les plus demandées en Suisse
Source : Adecco Group / Université de Zurich — Swiss Job Market Index T1 2026

Le rôle de l’intelligence artificielle dans cette évolution

L’étude s’est aussi penchée sur un point précis : l’IA est-elle le moteur de cette hausse des compétences transversales ? Les données répondent par la négative. Dans les métiers les plus exposés à l’IA, la part des compétences transversales est en effet légèrement plus faible que dans les autres métiers. L’écart atteint -3,1 points de pourcentage. Les exigences en connaissances techniques y sont en revanche plus élevées, de +2,3 points.

Exposition à l'IA et demande en matière de compétences et d'aptitudes dans les offres d'emploi suisses
Source : Adecco Group / Université de Zurich — Swiss Job Market Index T1 2026

« Cette augmentation ne peut donc pas être attribuée à l’exposition à l’IA, mais constitue une tendance macroéconomique qui évolue indépendamment du degré d’automatisation d’un métier », explique Johanna Bolli-Kemper, du Stellenmarkt Monitor Schweiz à l’Université de Zurich. Les auteurs situent plutôt l’origine du phénomène dans un changement des critères de sélection des employeurs : ceux-ci mettent progressivement moins l’accent sur les diplômes formels dans leurs offres d’emploi. La complexification des processus de travail joue également un rôle, selon les auteurs, davantage que l’essor de l’IA générative.

Un constat qui rejoint les études internationales

Le constat suisse recoupe d’ailleurs celui du Future of Jobs Report 2025 du Forum économique mondial. Ce rapport classe la pensée analytique, la pensée créative, la résilience, la curiosité et l’empathie parmi les compétences les plus recherchées pour 2026, tous secteurs et niveaux d’éducation confondus.

Les Perspectives de l’OCDE sur les compétences 2025 vont également dans le même sens. Selon ce rapport, les grands modèles de langage vont modifier les profils de compétences attendus. Environ 40 % des emplois seraient concernés d’ici 2026. Cette évolution passe d’une part par l’automatisation des tâches à haut degré de répétitivité — notamment dans l’administration, le service client et la production. Elle passe d’autre part par une recomposition des tâches à l’intérieur de postes qui, eux, ne disparaissent pas : le titre du poste reste le même, mais son contenu quotidien évolue. Le rapport note par ailleurs un risque particulier : ce déficit de compétences se creuse surtout chez les personnes ayant un niveau d’éducation moins élevé ou un parcours non universitaire.

Le recrutement basé sur les compétences gagne du terrain

Cette évolution des offres d’emploi s’accompagne ainsi d’un changement dans les pratiques de recrutement. Selon jobup.ch, qui cite une analyse du cabinet Mercer, les entreprises suisses peinent à trouver du personnel qualifié. Elles écartent en parallèle des candidatures potentiellement adaptées, faute de correspondre aux critères de sélection traditionnels. Un nombre croissant d’entre elles évaluent donc désormais les candidatures sur la base de compétences vérifiables, plutôt que sur le seul parcours académique — une approche désignée sous le terme de « skills first ».

Marina Faria, recruteuse senior chez JobCloud, société éditrice de jobup.ch, illustre cette pratique : « Chez Jobcloud, nous ne regardons pas seulement le CV, ce sont les personnes qui se cachent derrière les titres qui nous intéressent. Les compétences relationnelles, la volonté d’apprendre, le bon état d’esprit et l’adéquation culturelle sont pour nous tout aussi importants que les compétences techniques. »

Les métiers où la demande évolue le plus

L’étude Adecco/Université de Zurich identifie aussi les groupes professionnels où la demande de compétences transversales augmente le plus. Trois groupes se distinguent particulièrement. Il s’agit des professions hautement qualifiées des affaires sociales, des métiers de la vente, de l’administration et du commerce, ainsi que des métiers de la technique. À l’inverse, le secteur de l’artisanat et de l’industrie est le seul à afficher une tendance négative sur la même période.

En un coup d’œil

Catégorie Compétences concrètes associées
Autonomie Prise d’initiative, capacité à travailler seul, volonté d’apprendre
Compétences sociales Travail en équipe, networking, communication
Compétences cognitives Pensée analytique, résolution de problèmes

Ce qu’il faut retenir ?

Les données suisses confirment, à l’échelle nationale, la tendance déjà documentée au niveau international dans l’épisode 1. Depuis 2022, la part des compétences transversales dans les offres d’emploi est passée d’un peu moins de 60 % à plus de 63 %. Les exigences de diplôme formel reculent quant à elles, de 25 % à moins de 23 %. Cette évolution est antérieure à la démocratisation de l’IA générative et se poursuit indépendamment du degré d’automatisation des métiers concernés.

Ce constat soulève une question  : si les employeurs valorisent de plus en plus l’autonomie ou la pensée analytique, au détriment des diplômes formels, comment les systèmes de formation et de certification vont-ils s’adapter à ce basculement ? La progression du recrutement « skills first » n’est, à ce stade, que l’une des réponses apportées par les acteurs du marché du travail suisse.

Dans notre série ☀️ L’été pour apprendre autrement :

  • ✅ Épisode 1 — Les soft skills selon les métiers
  • ✅ Épisode 2 — Le diplôme recule, les compétences prennent le relais
  • ⏳ Épisode 3 — Pourquoi les compétences techniques ne suffisent plus à l’ère de l’IA
  • ⏳ Épisode 4 — Comment les adultes apprennent-ils vraiment ?

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Les soft skills selon les métiers

Les soft skills selon les métiers

☀️ L’été pour apprendre autrement — Épisode 1/4

Les compétences techniques ne suffisent plus pour réussir en entreprise. Aujourd’hui, les soft skills, ou compétences comportementales, sont devenues un critère majeur de recrutement, de mobilité interne et de développement des talents. Elles permettent aux collaborateurs de s’adapter, de collaborer efficacement et de faire face aux transformations du monde du travail.

Pour les responsables RH et les chargés de formation, identifier les soft skills prioritaires selon les métiers constitue un véritable levier de performance. Cet article fait le point sur les compétences les plus recherchées, les postes concernés et les enjeux en matière de formation.

Que sont les soft skills ?

Les soft skills désignent l’ensemble des compétences relationnelles, émotionnelles et comportementales qui influencent la manière de travailler avec les autres et de s’adapter à un environnement professionnel.

Contrairement aux hard skills, qui correspondent aux savoir-faire techniques, les soft skills sont transférables d’un métier à l’autre. Elles se développent grâce à l’expérience, au coaching, à la formation et à la pratique.

Aujourd’hui, elles jouent un rôle déterminant dans :

  • le recrutement
  • l’évolution professionnelle
  • le management
  • la fidélisation des collaborateurs
  • la qualité de vie au travail

Pourquoi les soft skills sont-elles devenues stratégiques ?

L’automatisation, l’intelligence artificielle, le travail hybride et les transformations organisationnelles renforcent l’importance des compétences humaines. Une expertise technique peut rapidement devenir obsolète. En revanche, la capacité à communiquer, apprendre, résoudre des problèmes ou travailler en équipe reste indispensable quel que soit le secteur.

Selon le Future of Jobs Report du Forum économique mondial, les employeurs considèrent les compétences comportementales comme un facteur déterminant pour répondre aux mutations liées à l’intelligence artificielle, à l’automatisation et aux nouvelles organisations du travail. Parmi les compétences qui gagneront le plus en importance figurent la pensée analytique, la résilience, le leadership, la curiosité et l’apprentissage continu.

Les entreprises recherchent désormais des profils capables de :

  • s’adapter rapidement aux changements
  • coopérer dans des équipes pluridisciplinaires
  • gérer des situations complexes
  • prendre des initiatives
  • développer une relation de confiance avec les clients et les collègues

Les entreprises suisses sont également concernées

En Suisse, le SECO  souligne que les pénuries de main-d’œuvre et l’évolution rapide des compétences imposent aux entreprises d’investir davantage dans la formation continue et le développement des compétences humaines afin de maintenir leur compétitivité.

Les compétences socio-émotionnelles ont un impact mesurable

Les travaux de l’OCDE (Skills that Matter for Success and Well-being in Adulthood) montrent que les compétences sociales et émotionnelles contribuent directement à l’employabilité, à la satisfaction au travail, à la progression salariale et à la performance professionnelle, indépendamment des compétences techniques.

La Suisse mise sur le développement des compétences

L’OCDE – Skills and Work in Switzerland souligne également que le système suisse de formation continue constitue un levier essentiel pour répondre aux transformations du marché de l’emploi. L’apprentissage tout au long de la vie et le développement des compétences transversales sont identifiés comme des facteurs clés de la compétitivité des entreprises.

Les principales soft skills recherchées en entreprise

La communication

Savoir communiquer ne consiste pas uniquement à bien s’exprimer. Il s’agit aussi d’écouter activement, de reformuler, de transmettre une information claire et de gérer les échanges parfois délicats.

Elle est indispensable pour :

  • les managers
  • les commerciaux
  • les responsables RH
  • les chefs de projet
  • les fonctions support

L’intelligence émotionnelle

Reconnaître ses émotions et comprendre celles des autres permet de désamorcer les conflits, d’améliorer la coopération et de renforcer le leadership.

Elle est particulièrement recherchée chez :

  • les managers
  • les responsables d’équipe
  • les recruteurs
  • les métiers de la relation client

L’adaptabilité

Les organisations évoluent en permanence. Les collaborateurs doivent apprendre rapidement, intégrer de nouveaux outils et modifier leurs méthodes de travail.

Cette compétence est essentielle dans :

  • les métiers du numérique
  • l’industrie
  • les services
  • les entreprises en transformation

L’esprit d’équipe

La réussite d’un projet dépend rarement d’une seule personne. Savoir coopérer, partager l’information, accepter les idées des autres et contribuer à un objectif commun devient une compétence clé.

Elle concerne pratiquement tous les métiers, notamment :

  • les équipes projet
  • les bureaux d’études
  • les fonctions marketing
  • les services administratifs

La résolution de problèmes

Face aux imprévus, les entreprises recherchent des collaborateurs capables d’analyser une situation, d’identifier les causes d’un problème et de proposer des solutions concrètes.

Cette compétence est particulièrement importante pour :

  • les chefs de projet
  • les ingénieurs
  • les techniciens
  • les managers opérationnels

L’organisation et la gestion des priorités

Avec la multiplication des projets, savoir gérer son temps devient indispensable. Les métiers concernés sont nombreux :

  • assistanat
  • gestion de projet
  • ressources humaines
  • comptabilité
  • direction

La créativité

Innover ne concerne pas uniquement les métiers artistiques. Trouver de nouvelles solutions, améliorer les processus ou imaginer de nouveaux services constitue aujourd’hui un avantage concurrentiel.

La créativité est recherchée dans :

  • le marketing
  • la communication
  • le développement produit
  • les métiers de l’innovation

Le leadership

Le leadership ne se limite pas aux dirigeants. Il consiste à fédérer une équipe, inspirer confiance, prendre des décisions et accompagner le changement.

Il est indispensable pour :

  • les managers
  • les chefs d’équipe
  • les responsables de service
  • les chefs de projet

Les soft skills prioritaires selon les postes

Poste Soft skills essentielles
Manager Leadership, communication, intelligence émotionnelle, prise de décision
Commercial Écoute active, persuasion, négociation, empathie
Responsable RH Communication, confidentialité, intelligence émotionnelle, médiation
Chef de projet Organisation, leadership, gestion du stress, résolution de problèmes
Assistant administratif Organisation, rigueur, communication, gestion des priorités
Technicien Adaptabilité, autonomie, esprit d’équipe, résolution de problèmes
Ingénieur Esprit analytique, créativité, collaboration, communication
Service client Empathie, patience, gestion des conflits, communication
Direction Vision stratégique, leadership, intelligence émotionnelle, prise de décision

Comment développer les soft skills en entreprise ?

Contrairement à certaines idées reçues, les compétences comportementales peuvent être développées tout au long de la vie professionnelle. Les dispositifs les plus efficaces combinent plusieurs approches :

  • formations interactives
  • ateliers collaboratifs
  • mises en situation
  • jeux de rôle
  • coaching individuel
  • codéveloppement
  • mentorat
  • feedback régulier

L’objectif est de permettre aux collaborateurs d’expérimenter des situations concrètes plutôt que de suivre uniquement des formations théoriques.

Le rôle des responsables RH et des chargés de formation

Les responsables RH jouent un rôle central dans l’identification des compétences comportementales nécessaires à la stratégie de l’entreprise. Ils interviennent notamment pour :

  • cartographier les compétences existantes
  • détecter les besoins de développement
  • intégrer les soft skills dans les référentiels métiers
  • construire des parcours de formation adaptés
  • accompagner les managers dans l’évaluation des compétences

Les chargés de formation doivent quant à eux privilégier des modalités pédagogiques favorisant la pratique et les retours d’expérience, indispensables à l’acquisition durable des soft skills.

Soft skills et intelligence artificielle : un nouvel équilibre

L’essor de l’intelligence artificielle automatise de nombreuses tâches techniques. En parallèle, les compétences humaines prennent davantage de valeur.

La créativité, l’esprit critique, l’empathie, la coopération et la capacité à prendre des décisions dans des situations complexes deviennent des compétences différenciantes que les outils numériques ne remplacent pas.

Pour les entreprises, investir dans le développement des soft skills constitue donc un enjeu stratégique afin de renforcer l’employabilité des collaborateurs et la performance collective.

Ce qu’il faut retenir ?

Les soft skills ne sont plus un simple complément aux compétences techniques. Elles sont devenues un facteur déterminant de réussite individuelle et collective.

Pour les responsables RH et les chargés de formation, leur développement représente un investissement durable. En adaptant les parcours de formation aux besoins des métiers et en intégrant les compétences comportementales dans la gestion des talents, les entreprises améliorent leur capacité d’innovation, leur qualité de management et leur attractivité.


Dans notre série ☀️ L’été pour apprendre autrement :

  • ✅ Épisode 1 — Les soft skills selon les métiers
  • ⏳ Épisode 2 — Les compétences les plus recherchées en Suisse
  • ⏳ Épisode 3 — Pourquoi les compétences techniques ne suffisent plus à l’ère de l’IA
  • ⏳ Épisode 4 — Comment les adultes apprennent-ils vraiment ?

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Découvrir la formation → https://www.swissnova.swiss/formation-fondamentaux-management-geneve/

Les Fondamentaux du Management: une formation Swissnova

Les Fondamentaux du Management: une formation Swissnova

Communiquer, motiver, gérer les situations délicates, prendre des décisions, accompagner les changements, faire grandir les personnes qui composent une équipe : ce sont des compétences qui se travaillent, comme n'importe quel savoir-faire professionnel.

C'est exactement ce que permet « Les Fondamentaux du Management » : une formation de 4 jours, tournée vers la pratique, qui accompagne aussi bien les futurs managers dans leur prise de fonction que les managers expérimentés souhaitant renforcer leur posture de leader.

Durée
4 jours répartis sur 4 mois
Groupe
12 participants max
Lieu
Hôtel Ramada, La Praille — Genève
Tarif
CHF 2'900.– TTC

Objectifs de la formation

  • Maîtrise des comportements performants de gestion humaine, alignés avec le style de « management participatif par objectifs »
  • Gestion des quatre dimensions de l'environnement du manager : collaborateurs, supérieurs hiérarchiques, collègues, clients, partenaires externes et fournisseurs
  • Maîtrise des situations récurrentes et stratégiques du processus de gestion humaine, du recrutement à la séparation : détermination des objectifs, délégation, entretiens de suivi, motivation, annonce de décisions difficiles, dire « non », contrôle et évaluation des résultats, séances de travail, entretiens correctifs, gestion des conflits et évaluation annuelle des performances
  • Développement de décisions managériales basées sur une analyse approfondie de l'influence de la situation et du profil personnel du collaborateur

Public concerné : Dirigeants, cadres, managers. Toute personne responsable d'encadrement d'individus et d'équipes.

Une formation pensée pour la pratique

Pendant 4 journées réparties sur 4 mois, les participants alternent apports méthodologiques, mises en situation concrètes et échanges d'expérience, avec un travail sur leur propre style de management grâce au Nova Profil, un outil psychométrique intégré à la formation.

Le programme, jour par jour

4 journées réparties sur 4 mois — 22 septembre · 27 octobre · 17 novembre · 15 décembre 2026

01
22 sept. 2026

Le manager face à lui-même et face au collaborateur : enjeux et clés de l'efficacité relationnelle, gestion de la motivation

Objectifs

  • Fournir les clés de l'efficacité relationnelle et son importance dans la conduite d'équipe
  • Comprendre les techniques et enjeux des interactions interpersonnelles et inter-groupes
  • Appliquer les notions de flexibilité intra et inter-personnelle dans l'exercice du management
  • Comprendre les enjeux de l'assertivité et l'importance du feedback motivant
  • Comprendre les différents rôles du manager (expert, organisateur, leader, coach)
  • Comprendre les mécanismes de la motivation individuelle et les leviers adaptés à chaque profil
  • Définir la responsabilité fondamentale du cadre face à ses équipes et son entreprise
  • Comprendre les facteurs de succès de la fixation d'objectifs et les étapes d'une délégation efficace
  • Maîtriser les techniques de feedback, de reformulation, d'écoute active et de questionnement

Cas pratiques

  • Mises en situation autour du Nova Profil : comment suis-je perçu ? quelle est ma valeur ajoutée ? comment adapter ma communication selon les profils ?
  • Comprendre notre « filtre de perception » pour améliorer la qualité de nos relations
  • Recadrer notre communication pour augmenter notre influence positive et notre leadership
  • Déterminer et formuler des objectifs, déléguer de manière motivante
  • Mener l'entretien de suivi avec une démarche de motivation
  • Gagner en aisance et persuasion lors de nos prises de parole en public
02
27 oct. 2026

Le manager face au collaborateur : gestion de la performance, conduite d'entretiens dits « délicats »

Objectifs

  • Comprendre les enjeux de l'évaluation des performances
  • Comprendre les enjeux et les pièges de la communication
  • Identifier ses risques et points de vigilance en conduite d'entretien selon son profil personnel
  • Savoir mener efficacement des entretiens délicats et stratégiques

Cas pratiques

  • Appliquer les principes de l'Analyse Transactionnelle et la « Communication Adulte » pour orienter les situations délicates vers une issue positive
  • Garder la maîtrise de soi et de ses émotions dans des situations de communication difficiles
  • Dire « non » : assumer une responsabilité incontournable et préserver la motivation à long terme des collaborateurs
  • Réprimander et rectifier les comportements « hors jeu »
  • Appliquer les principes de l'entretien d'évaluation annuelle : « booster » la motivation plutôt que « régler des comptes »
03
17 nov. 2026

Le manager face à l'équipe et à sa hiérarchie

Objectifs

  • Appliquer les règles pour une gestion de séances et briefings efficace et productive
  • Augmenter l'efficacité vers le haut pour mieux assumer nos responsabilités d'encadrement
  • Éviter les pièges classiques d'un entretien de recrutement

Cas pratiques

  • Structurer une intervention devant un groupe selon un rapport de travail
  • Séance de créativité comme outil de motivation et d'anticipation
  • Préparer, organiser, diriger et animer des séances de travail comme outil de motivation et de prise de décisions
  • Convaincre notre supérieur hiérarchique sur une nouvelle proposition et développer un véritable partenariat avec lui
  • Augmenter notre aisance et asseoir notre style d'orateur : prise de parole sur un thème imposé
  • Sélectionner et recruter nos collaborateurs : une étape décisive de management
04
15 déc. 2026

Le manager face à ses collègues et à l'extérieur de son entreprise

Objectifs

  • Maîtriser les situations où nous ne pouvons ou ne souhaitons pas faire appel à notre autorité managériale
  • Intensifier notre leadership dans des situations extrêmes

Cas pratiques

  • Appliquer une attitude fondamentale pour diminuer notre stress et augmenter la maîtrise de nos émotions
  • Appliquer les principes de négociation avec nos clients, fournisseurs, partenaires externes et collègues
  • Gérer les conflits personnels avec nos collègues
  • Gérer positivement la séparation avec le collaborateur : licenciement ou démission

Chaque journée se conclut par un engagement personnel des participants sur un objectif de transfert dans leur réalité quotidienne de gestion de leurs équipes.

Le Nova Profil : mieux se connaître pour mieux manager

Nova Profil

Objectif

Augmenter la performance individuelle et collective grâce à une meilleure connaissance du potentiel de chaque personne.

Moyen

L'outil Nova Profil (AeC) permet une gestion pointue des informations clés sur les compétences sociales et les motivations d'une personne, afin de lui permettre d'augmenter son efficacité personnelle et relationnelle et de l'accompagner dans le changement.

Résultats

Au niveau de l'individu

  • Meilleure connaissance de soi, de ses axes de comportement et de son potentiel d'évolution ; mise en place d'un plan d'action

Au niveau de l'équipe

  • Plus de flexibilité dans les interactions et la communication interne
  • Dépassement des confrontations, utilisation des complémentarités
  • Plan d'action individuel et collectif

Au niveau de l'entreprise

  • Gestion plus fluide des projets et des réorganisations d'équipe

Origine

Le Nova Profil est basé sur la méthode AeC, unique en ce qu'elle synthétise les travaux de Carl Jung sur les types psychologiques et la théorie DISC de William Marston, en intégrant également les travaux d'Eduard Spranger sur les motivations.

Domaines d'application

  • Susciter la motivation par une meilleure connaissance de soi et d'autrui
  • Améliorer la communication interpersonnelle
  • Accompagner un développement professionnel et personnel
  • Aider dans le processus de recrutement ou de mobilité interne
  • Développer les qualités managériales ou commerciales
  • Accompagner un processus de coaching et gérer au quotidien les ressources humaines
  • Accompagner le changement, réaliser un bilan de compétences, négocier selon son interlocuteur
  • Mettre en place des programmes de formation et monter des équipes de projet complémentaires

En résumé — un modèle en 4 étapes

  • Mieux se connaître dans ses forces et faiblesses
  • S'assouplir et se développer tout en respectant ses limites
  • Mieux reconnaître les autres
  • Prendre en compte la situation

Vos formateurs

Delphine Combe

Delphine Combe

Senior Training Coach

Formatrice et coach senior forte de plus de 20 ans d'expérience dans l'accompagnement, la transformation profonde et l'exploration de l'humain. Experte en intelligence émotionnelle et en dynamique collective, elle combine le coaching certifié avec son expertise de comédienne et de metteuse en scène pour concevoir des parcours de formation immersifs et percutants. Elle intervient régulièrement en entreprise, pour des écoles de management et auprès d'institutions et organismes internationaux.

Active dans la formation d'adultes, le coaching individuel et le team building, elle a accompagné des milliers de personnes — managers cherchant à affirmer leur posture, équipes en quête de cohésion, ou professionnels en transition de carrière. Sa méthode utilise le prisme du théâtre et des outils psychométriques pour libérer l'expression, dépasser les blocages et révéler le leadership naturel de chacun.

Spécialités

  • Dynamique d'équipe & intelligence collective : team building, cohésion, gestion des relations et des conflits
  • Leadership & posture : confiance en soi, légitimité, soft skills, accompagnement au changement
  • Prise de parole & impact : techniques théâtrales, gestion du trac, présence
  • Régulation émotionnelle : gestion du stress, prévention du burnout
  • Profils de personnalité : diagnostic et outils psychométriques Nova Profil
  • Coaching & bilan : accompagnement individuel, d'équipe, de transition de carrière

Langues

  • Français (langue maternelle), anglais (courant)

Niveau de coaching

  • Dirigeants, managers, équipes professionnelles, publics en reconversion ou transition

Parcours professionnel

  • Senior Account Manager and Trainer, Swissnova Sàrl, Genève
  • Coach en insertion professionnelle, Swissnova Services, Genève
  • Fondatrice, Coach Executive & Corporate, Emoticoach (depuis 2014)
  • Comédienne, metteuse en scène, auteure et conférencière
  • Coordinatrice de projets et formatrice (secteur IT : conduite du changement, formation continue)

Formation

  • Certification NovaGlobal — Swissnova Services, Genève
  • Certification RTT (Rapid Transformational Therapy)
  • Certifications Executive Coaching, Mindvalley, Estonie
  • Certifications en Psychologie Positive & Ikigai, Excellence Academy
  • Certificat FSEA I/II (Formation d'adultes), en VAE
  • Formation en médiation culturelle, relationnelle et théâtrale — HES-SO, Lausanne
  • Certification en coaching professionnel IDC — Genève
Olivier Naray

Olivier Naray

Senior Training Facilitator & Strategic Advisor

Titulaire d'un doctorat (Ph.D) en management, Olivier accompagne depuis plus de vingt ans les entreprises, les managers et les équipes dans le développement de leurs compétences managériales. Fort d'une expérience acquise au sein de grandes organisations internationales comme de PME, il associe vision stratégique, expérience opérationnelle et approche résolument pragmatique du management.

Reconnu pour ses qualités pédagogiques, il transforme des concepts parfois complexes en outils simples, concrets et directement applicables par les managers dans leur quotidien. Sa connaissance des enjeux du management lui permet de faire naturellement le lien entre les attentes de la direction et les réalités du terrain, afin d'aider les managers à exercer pleinement leur rôle de relais et de moteur de leurs équipes.

Spécialités

  • Leadership, management et organisation : ateliers collaboratifs, priorisation stratégique, arbitrages complexes
  • Conduite du changement & environnement complexe : mobiliser les acteurs, gestion de parties prenantes, aligner stratégie et exécution
  • Communication & influence : clarifier le message, formuler les attentes, adapter le ton au contexte institutionnel ou interculturel

Langues

  • Français, anglais, allemand / suisse-allemand

Niveau

  • Senior, middle management, cadres confirmés, codirecteurs, CA
  • Écoles de management et hautes écoles / universités

Parcours professionnel

  • Fondateur de O. Naray Strategic Consulting, Genève
  • Président Commission Affaires publiques du Groupement romand de l'Informatique (GRI)
  • Chef de projet, Centre du commerce international (ONU/OMC)
  • Enseignement en hautes écoles/business schools : DBA, Executive MBA, Masters en management

Formation

  • Doctorat (Ph.D) en management / MA en affaires internationales / MSc sciences politiques
  • IIBA : formation en cours pour Business Analyst
  • Google Certified Educator
  • Certificat Project Design, International Trade Centre

Modalités pratiques

Format
Présentiel
Supports
Supports digitaux
Suivi
Moyens de suivi & mise en application
Public
Dirigeants, cadres, managers

Places limitées — quelques sessions encore disponibles pour l'automne 2026.
Genève : 22 sept · 27 oct · 17 nov · 15 déc 2026 — Hôtel Ramada, La Praille · 9h–17h

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